‹ Hans HolbeinChapitre 8 sur 23 · SOIS. I, XIV · texte numérisé non relu

SOIS. I, XIV

Ambassade du roi Hiram vers Salomon,

Mort du fils de Jéroboam.

PARALIPOMt-NES. I. X

PARALIPO.'IENES. I, XVI

Sjùl lui' par les Pliilisiiii-.

PARALlI’OMt. SES . 2. i

PA K A LIPOMÉSES. 2. VI

Salomon demande i Dieu la sagesse.

Sdsçali. roi d'Hgypie, pille les Juifs.

}> Josi.is célèbre la pâi^i

Jugement de Suannc et des deux vieillards.

Joël prédit la desl

io8

croire que la publication des Figures de la Bible ne suivit pas immédiatement 1 exécution des dessins, et, ici. la conjecture des savants est basée sur ce fait que ces Figiiics ont été. pour la plupart, gravées par Lützelburger, mort en i)2ô. Cette alfiimation se justifie, aux yeux des gens du métier, par la similitude du travail. Dans plusieurs des planches des deux recueils, la forme s'exprime par un trait pareil, le bois est taillé par la même main.

Les Icônes appartiennent donc à la période bâloise de la vie de Hans Holbein. Ce sont bien que i;n et la les figures soient un peu courtes — des compositions simples, concentrées, et souvent pleines de grandeur. Les peintres de sujets bibliques ont de tous temps cherché des inspirations dans ce recueil.

et ils n’ont pu parvenir à en épuiser les richesses. C’est tout un monde de formes et d'idées. Nous n'essaierons pas de feuilleter les pages de ce volume : le lecteur en jugera lui-mômc. Il verra combien, sous un crayon savant, l’abréviation peut devenir éloquente. Holbein s'agrandit en se résumant. 11 commence un croquis, et il fait un tableau.

Pendant qu'il multipliait ainsi les dessins qui devaient immortaliser les libraires de Lyon, pendant qu'il cherchait à éveiller le sourire d'Érasme en illustrant les marges de son livre préféré, Holbein avait fait une chose grave : il avait épousé une femme plus âgée que lui, et qui poussait l'oubli du devoir jusqu'à être laide. Comment et à quelle époque s'accomplit ce singulier mariage, on ne le sait pas. Holben avait connu Elsbeth Schmidt alors qu’elle faisait le bonheur d'un premier mari, le peintre Michel Schuman. Elle lui apparut même sous une

lorme et dans un rôle qui ne devaient pas l’embellir. Elsbeth commença par lui

réclamer de l'argent. Les détails manquent sur cette première aventure, qui

se passa devant le juge. Le i" août i)2o, Holbein était cité à la requête

d'Elsbeth Schmidt, à propos d’une dette impayée. Avait-il eu des relations d'affaires avec le mari? On l’ignore. On ne sait pas davantage quand mourut Michel Schuman , ni comment la créancière de la veille devint l'épouse du lendemain. Elsbeth avait un enflint, un fils déjà grandelet, que nous verrons plus tard figurer dans un portrait superbe. Elle n’était plus très jeune; elle ne l’avait peut-être jamais été. Sur son caractère il a toujours couru, dans les livres, des bruits assez fâcheux. 11 ne semble pas qu'EIsbeth Schmidt ait été véritablement avenante et aimable. Baldinucci lui-même avait entendu parler de sa méchante humeur : il dit que Holbein quitta Bâle, non seulement pour aller travailler en Angleterre, mais aussi pour une autre raison, per levarsi una voila d atiovno alla moglie , la quale egli aveva d innove cosi perverso^ che tenendolo sempre in liîe, non mai lo lasciava aver hene. Et il ajoute qu en quittant la Suisse, l’artiste ne fut nullement fâché de perdre de vue sa maussade compagne, la dispettosa sua donna. Roger de Piles, qui écrit en 1699, prétend que Holbein « avoit une femme dont la mauvaise humeur troubloit tout le repos de sa vie ». Descamps n’est guère plus gracieux pour Elsbeth Schmidt. Dans une notice, qui est d’ailleurs un modèle d’inexactitude, il affirme, lui aussi, que Holbein eut d'autant moins de peine à partir que « l humeur impérieuse de sa femme lui causoit quelques dégoûts ». Ces trois citations doivent suffire. Personne n'a prétendu que la veuve de Michel Schuman ait jamais passé pour un ange de mansuétude et de douceur.

Nous ne savons si Elsbeth méritait la réputation qu'on lui a fliite, mais il est certain que Holbein quitta Bâle. Il y était encore le ) mars 1526, car ce jour-Ià il donna quittance d'une somme dérisoire, deux florins. C’était le payement d'un écusson qu'il avait peint l'année précédente à Waldenburg. Ce détail prouve bien que Holbein acceptait les plus modestes travaux, et qu'après s être rendu fameux par les décorations de 1 hôtel de ville, par des œuvres telles que le C/irisi mort et la Madone de Meier, il ne refusait pas d'enluminer des armoiries. C’était un des usages, une des nécessités du temps. Le peintre ne faisait pas seulement des portraits et des tableaux. Notre Janet ne croyait point déroger en peignant des bannières pour les hommes d’armes des compagnies royales.

Il se peut d ailleurs que, sous 1 influence des disputes religieuses qui allaient tous les jours grandissant, la situation de l’artiste à Baie eût commencé à devenir, sinon impossible, du moins diflicüe. Dans une lettre qu’Érasme écrivait à Egidius, le 29 août 1526, il y a un mot significatif : //ic frigent artes, dit le philosophe. Les arts ont besoin d’une température plus clémente. Holbein pouvait rêver un sort meilleur. Dans l’été de 1526, il se mit en route. 11 allait vers 1 Angleterre, un pays inconnu, mais où sa visite avait été annoncée par Érasme. Ne s étant point enrichi en Suisse, Il n'eut pas à se charger de beaucoup d argent : il prit soin de laisser sa femme à Bâle, et il partit, emportant avec lui son talent et ses espérances.

UAND, après sctre arreté à Anvers, où il vit les amis d'Érasme et vraisemblablement Quentin Matsys, Holbein arriva en Angleterre, l’école anglaise n’existait pas encore. Le roi Henri VIH en éprouvait même quelque ennui. Sans avoir pour les questions d'art des ferveurs extrêmes, Henri prenait volontiers des attitudes chevaleresques, il aimait les somptuosités et le décor, et il ne lui aurait pas déplu d’imiter les allures de François H' et de réunir auprès de lui un groupe éclatant de poètes et d'artistes. Le roi avait particulièrement le goût des orfèvreries et de la parure. Le compte de ses dépenses nous parle presque à chaque page des joyaux dont il enrichissait sa collection ou qu’il distribuait à ses favoris. L’art de travailler les métaux précieux était alors poussé très loin en Angleterre et les orfèvres de Henri VIH se montraient les dignes successeurs de ceux qui, au xv' siècle, avaient produit de si délicates merveilles.

Mais la peinture anglaise était en retard. Elle semblait avoir peine à sortir de la période de débrouillement, ou du moins à se caractériser sous la forme d une école nationale. Les artistes le plus en lumière étaient des peintres venus des Flandres ou des Pays-Bas, tels que les Hornebolt et Josse Van Cieef, celui qu on a appelé Van Cieef le Fou. 11 faut parler avec respect de ce dernier maître. C'était un talent robuste, un portraitiste épris de la vérité et du ravon lumineux. Les documents authentiques ne prouvent pas d'ailleurs que Henri Vlll ait rendu à Josse Van Cieef la justice qui lui était due. Le roi se tenait pour satisFiit des services du peintre ordinaire de sa maison le aerjeant-painîer. Cet office était alors rempli par John Browne, dont nous serions fort empêché de caractériser la manière, puisqu'il ne reste de lui aucune œuvre connue.

Holbein, célèbre à Bâle, était presque ignoré en Angleterre. Il ne vint point grossir le nombre des peintres de la cour; il ne fut pas du groupe officiel qui travaillait pour le roi, et nous montrerons qu'il n'a été mêlé que fort tard à ce petit monde privilégié. Croire qu'en posant le pied sur le sol anglais, Holbein a été reçu avec des acclamations, c'est se méprendre largement. Il lui fallut des années pour faire connaître son nom. Aux premiers temps de son arrivée en Angleterre, Holbein est tout d'abord et presque exclusivement le peintre de Thomas More et de quelques-uns de ses amis. 11 a^'ait été recommandé par Érasme, il était attendu; il fut naturellement bien accueilli dans la maison que le trésorier de l'Échiquier habitait à Chelsea, et il devint, du moins au début, 1 hôte de Thomas More et son protégé.

Dès 1527, Holbein est au travail, et, sans trop s'inquiéter de savoir si sa manière de peindre agréera aux connaisseurs anglais, il commence par des portraits d une exécution très attentive et d’une intraitable sincérité. Les personnages inégalement célèbres avec qui Thomas More était en relation furent ses premiers modèles. C est de celte époque que date le portrait de William Warham, archevêque de Canterbury. Indépendamment d'un beau dessin, conservé au château de Windsor, il existe deux exemplaires de la peinture originale. Tous deux sont superbes. Lun esta Lambeth- Palace, et nous nous rappelons l'avoir vu à l'exposition de Manchester en 18^7; l’autre est au musée du Louvre. Ces deux œuvres sont dégale valeur; on n'y constate point de variante : la seule différence que Ion puisse noter, c est que, dans l’exemplaire du Louvre, les carnations sont peut-être un peu plus brunes et d’un ton plus chaud.

On sait quel est le puissant caractère de ce portrait mémorable. L'archevêque de Canterbury avait alors soixante-dix ans. Holbein ne La point rajeuni.

Vêtu d'une robe blanche bordée de fourrure, Warham est assis, les mains étendues sur un coussin recouvert de brocart d'or. Derrière le personnage, les acce,ssoires qui rappellent la haute situation qu'il occupait dans l'Église : une mitre somptueusement décorée, des livres, une croix où des pierreries s’enchâssent dans le métal ciselé. Tous ces détails sont exécutés avec une précision merveilleuse ; mais la patience dont le peintre a fait preuve dans la représentation de ces objets de « nature morte » n'a compromis en aucune façon l’effet robuste, décisif et simple qu’il a cherché en reproduisant les traits du vieil archevêque. 11 est impossible d’accu.ser avec une curiosité plus pénétrante les signes particuliers d’une physionomie morale et de l’homme intérieur.

Le portrait de sir Henry Guilford, dont on connaît la gravure par Wenceslas Hollar. et aussi de la meme époque (i Ce n’est pas un des moindres joyaux de la galerie de ’Vi''ind.sor. Ce portrait, d’un modelé délicat, était exposé à Manchester en i8)p, et. bien que la peinture ne soit peut-être pas d'une conservation parfaite, l’œuvre se comportait dignement à coté du ^'arham de Lambeth- Palace. Burger, qui a laissé de si précieuses notes sur cette exposition, considérait l’etïigic de sir Henri Guilford comme un des plus beaux portraits de Holbein '. 11 avait raison, mais il ne faudrait pas, dès le début, abuser de cette formule. Si l’on n’y prenait garde, elle se reproduirait trop souvent à propos des œuvres d'un maître dont les victoires renouvelées condamnent l'écrivain à de perpétuelles redites.

Guillord devait être un des amis de Thomas More, car, nous l’avons fait remarquer. Holbein, aux premiers temps de son arrivée en Angleterre, n'avait encore qu’un petit nombre de clients. On ne savait point le chercher, et tout semble indiquer que, pendant cette période, il fit plus d’un portrait de complaisance, .sans trop se préoccuper du salaire, et seulement pour appeler sur son nom presque inconnu l’attention des bons juges. Souvent, lor.squ’une physionomie lui était sympathique, lorsque le personnage était cher au m.aître de la maison, il se contentait de faire un dessin. 11 est vrai que des croquis aussi sévèrement étudiés ne valaient guère moins que des peintures. Telle est vraisemblablement l'origine de son « crayon » d’après John Fisher, évêque de Roche.ster. Ce beau dessin, qui est à Windsor, est daté de 1 52^.

C’est ici le lieu de remarquer qu'au temps de son premier séjour en Angleterre. Holbein avait scrupuleusement conservé les méthodes patientes dont nous avons admiré les résultats dans les dessins aux crayons de couleur qui le ren-

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