‹ Hans Memlinc, biographieChapitre 2 sur 15 · PLANCHES · texte numérisé non relu

PLANCHES

P^xtrait de la Carte de P>riiges faite par Marc Gérard (Ml 1562 10

Portrait de Selim, fnu’e du Sultan Bajazet, d’apncs un dessin conservé à la Bibliotlu'Mpie d'Arras. . . 20

lUBLIOdlîAl’niK

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MEMLINC

Hans Memlinc, dont les tableaux attirent annuellement des milliers de personnes à Bruges, fut certainement un des plus remarquables artistes parmi ceux qui vinrent s’établir dans cette ville au quinzième siècle. Il l’enrichit de ses chefs-d’œuvre, cependant cent ans s’étaient à peine écoulés, qu’on Pavait presque oublié, et Charles van Mander, qui préparait ses biographies des Peintres Néerlandais, ne put même se renseigner à Bruges sur les dates de l’existence du peintre, et dut se borner à le mentionner comme un maître célèbre ayant Henri avant Pierre Pourbus, c’est-à-dire avant 1540 b

1. ‘‘Quant à quelques-uns de nos Néerlandais, dont les œuvres, la vie, et l’époque où ils ont vécu ne me sont connus qu’en partie ou par frag-ments, je citerai les suivants : d’abord, de Bruges, un maître très éminent eu égard au temps si reculé où il vécut, nommé Hans Memmelinck. Il y avait de lui, à Bruges, une châsse ou fierte, dans l’Hôpital Saint-Jean, ornée de figures assez petites, mais faites avec tant d’art que plusieurs fois on a offert en échange une châsse en argent pur. Ce maître fîorissait à Bruges avant l’époque de Pierre Poerbiis, qui allait toujours voir ce chef-d’œuvre les jours de grandes fêtes quand il était exposé; il ne pouvait jamais assez le voir et le louer; par là on peut s’imaginer quel homme éminent devait être ce maître.” Het Leven der Doorluchtighe Nederlandtsche Sckilders^ fol, 201 V. Alckmaer, 1604,

MEMLINC

Les choses en sont restées là jusqu’au milieu du dixhuitième siècle quand un auteur Français s’est avisé de fabriquer une légende absurde à laquelle de nouveaux écrivains sont venus successivement ajouter quelque détail. Au dix-septième siècle, il existait une tradition suivant laquelle Memlinc avait peint un tableau pour témoigner sa reconnaissance envers les frères attachés à l’Hôpital Saint-Jean ^ Voilà le fond, voilà le seul point qui puisse être véritable dans la légende publiée par Descamps en 1753, et à laquelle Yiardot, Michiels et d’autres ont ajouté des détails tellement ridicules, que la raison et les convenances suffisent seules à les faire rejeter. TIédouin en 1847 Crowe et Cavalcaselle en 1857 et Waagen en 18G0^, contestèrent la vérité de ces prétendues traditions. Ce ne fut qu’en 1861 que le peintre chrétien et réellement pieux, qu’on aurait voulu faire passer pour un ivrogne et un débauché, a été réhabilité grcâce aux documents que nous avons découverts et publiés dans le “Journal des Beaux Arts*''”.

Pendant de longues années on discuta sur l’orthographe du nom du peintre. I^es uns ont voulu l’écrire avec un M, les autres avec un H. Sanderus^ et Descamps*

2. Il faut bien se rappeler que le maître de Pllôpital Saint-Jean était, au quinzième siècle, un personnage d’une certaine importance, et ce (pie dit le chanoine De Damhoudere n’implique milleinent (pie Memlinc fut reçu à l’Hôpital comme un malade. L’ani})lification de la tradition rapportée par le chanoine est sans doute due à l’imagination fertile de Descamps.

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