CONCLUSION
En finissant notre étude, il nous semble quitter un de ces bons vieillards dont la conversation nous a longtemps charmés. Il y a des longueurs dans ses récits, ses poésies ne sont pas toujours intéressantes, mais notre impression générale est que nous avons vécu pendant quelques mois dans l'intimité d’un homme honnête, intelligent, religieux, et dévoué à la classe populaire dont il faisait partie.
Hans Sachs s'était assimilé une bonne part des idées littéraires et religieuses de ses illustres contemporains, et
ce qu'il avait eu tant de plaisir à acquérir, il ne le garda
pas pour lui seul, il se préoccupa durant sa vie entière de le communiquer, sous une forme imagée, à la masse du peuple. Ses instructions religieuses et morales durent faire un bien considérable, si l’on songe à l'ascendant que pouvait exercer autour de lui un homme aussi pa:faitement honnête et droit. Une bonne partie de ses poésies nous paraissent tout à fait dépourvues de sel; la plupart de ses drames bibliques soutiennent à peine la lecture. Mais nous pouvons mettre à part et relire avec plaisir beaucoup de ses contes, de ses fables, de ses poésies religieuses, sans compter ses quatre dialogues en prose.
Enfin, gardons-nous de mépriser même ce que nous | 5
SRE
abandonnons; n’oublions pas que les cantiques, les psaumes, les poésies et les drames bibliques de Hans Sachs furent un moyen efficace pour répandre l’enseignement religieux parmi le peuple.
En somme, pour juger justement les œuvres du poète cordonnier, il faut les placer dans le cadre des événements qui les ont inspirées, et surtout tenir compte du bien qu’elles ont produit. Hans Sachs fait plus de cas des résultats de la doctrine luthérienne que de la doctrine ellemême. À notre tour, nous croyons pouvoir accorder aux résultats de l’œuvre de Hans Sachs une importance plus grande qu'à l’œuvre elle-même. Cet homme a contribué de tout son pouvoir aux progrès de la doctrine évangélique. Ses publications nombreuses furent comme une pluie tombant sur le champ ensemencé par les Réformateurs. Dans ses écrits religieux et dans ses poésies profanes, il s’est laissé guider par cette pensée généreuse : travailler « pour l'honneur et la gloire de Dieu, pour le bien du prochain, et dans le but de l’amener à repentance et à une vie chrétienne. »
Vu, le président de la soutenance :
E. EHRHARDT.
Vu, le doyen :