INTRODUCTION
La destinée de Hans Sachs a véritablement quelque chose de très original. Parmi les poètes de l'Allemagne, il n'en est pas qui aient été plus choyés par leurs contemporains, ni plus vite oubliés par la postérité. Hans Sachs mourut en 1570 et déjà, vers le milieu du XVIT® siècle, les auteurs ne font plus guère mention de lui autrement que pour le tourner en ridicule dans des bouffonneries grossières. Ce fut Ranisch le premier qui remit Hans Sachs en honneur; mais celui qui contribua le plus à faire revivre en Allemagne la mémoire de Hans Sachs, ce fut Gœthe lui-même. « A la mare aux grenouilles, s’écriait-il, le peuple qui méconnait son maître! » Depuis lors, tout Allemand a peur de la mare aux grenouilles, et chacun reconnaît que véritablement le cordonnier poète avait du talent, peut-être du génie. L'année r894, quatrième centenaire de sa naissance, a vu paraître en Allemagne une foule de biographies sur le poète de la Réformation. En France, on s'est contenté de rappeler très sommairement dans des articles de journaux Pœuvre du
RO Re poète nurembergeois; seul, M. Ch. Schweitzer, professeur au Lycée Janson de Sailly, a consacré, en 1888, à notre poète, une étude remarquable, écrite, il est vrai, surtout au point de vue littéraire. C’est pourquoi nous avons jugé utile de faire connaitre avec plus de détails l’œuvre religieuse de cet humble ami de Luther et de la Réforme.
Mais pour bien montrer la portée de l’œuvre de Hans Sachs, il est nécessaire de faire connaître Nuremberg au moyen âge et les commencements de la Réforme dans la ville franconienne; c’est le but du premier chapitre de notre étude.