‹ Harivansa ou Histoire de la famille de Hari ouvrage formant un appendice du Mahabharata et traduit sur l'original sanscritChapitre 69 sur 140 · H AR IVAN SA · texte numérisé non relu

H AR IVAN SA

sica 1 * * * * * * qu’on donne au maître des dieux. Surnommé également Pvurandara et le prince aux mille y eux, il reçut l’eau du baptême royal. Mais les autres, à commencer par Brahmâ, eurent aussi le caractère et le titre de roi*. Sonia fut roi des sacrifices, des mortifications, des constellations, des planètes, des Brahmanes et des plantes; Dakcha, des PradjApatis; Varouna, des eaux. Câla *, aussi brillant que le génie du feu, Cala, la fin de tous les êtres, devint le maître des Pitris ; Yâyou , celui des odeurs, des êtres dépourvus de corps, dos sons et de Pair; Mahadéva, de tous les mauvais génies, des Pisâtchas, des Mâlris, des vaches, des météores, des tirahas *, des maladies, des pestes, des fléaux, des morts; Couvera, appelé aussi V êsravana , des Yakchas, des Ràkchasas, des Goubyacas , des richesses, des pierreries; Sécha, des dragons; Vàsouki , des serpents; Takchaca, des reptiles; Pardjanya, le plus jeune des Àdityas , des mers, des rivières, des nuées et de la pluie; Tchitraratha, des (iandliarvas; Càmadéva, de toutes les Apsaràs; le taureau, emblème du grand Iswara, des quadrupèdes et des bêles de somme. Le brillant IliranyAkcha fut déclaré roi des Dêtyas , et Iliranyacasipou, prince royal; Vipratchitti, fils aîné de Danou, eut le premier rang parmi les guerriers Dânavas. MahAcala devint le chef des CAlakéyas8 *; Vritra, des enfants d’Anàyouchâ r'; le grand Asoura fils de Sinbicâ, Rahou, des météores menaçants et funestes; Samvatsara [Cannée), des saisons, des mois, des yougas, des pakchas, des nuits, des jours, des tithis T, des pamans, des calâi, des edehthas, des heures, des deux voies du soleil8, de Yyoga " et du comput astronomique10; le vaillant ennemi des serpents . Garouda , des oiseaux au bec pointu.

Arounu, frère de Garouda, tout couronné de fleurs de djavà n, fut

1 Cette étymologie est differente de colle que

l'auteur a donnée tom. I, lect. xwu, pag. îai.

* Voyez. tom. I. U lecture iv.

* Notnd'Yama.

* Qum particulière de mauvais génie», dont

l'oûtann est la première, et qui sont omise* de

pioduiro les convulsions dont se trouvent saisis

les enfants.

* Enfants de Càlâ. Voyez In lecture précé-

dente

* Voyez la lecture «x. pag. Su.

7 Jours lunaires. Voyez pour ce passage . tom. I, lect. vin, pag. 43-

* Autrement appelés ayanut,

7 Période astronomique de vingt- trois heure» et quelque» fractions. Voyez le dictionnaire de Wilson.

" ilinirl J jm» ta.

11 Hiliictu rosa unetuti.

nommé roi de Lorient 19 par YAsava 15, qui plaça dans le midi le fils de TAditya Yivaswân , le glorieux Dharmarâdja , appelé aussi Varna. Le noble fils de Casyapa, qui préside aux eaux, dont il est le roi, devint le régent de l’occident. L’illustre fils de Poulastya, non moins brillant que le grand Indra, le borgne Couvera au teint jaune, fut appelé A présider à la région du nord1*.

Le créateur suprême, le grand Swayambhou, après avoir assigné à chacun son royaume, forma aussi dans le ciel des demeures particulières, ou brillantes comme le soleil, ou brûlantes comme le feu, ou étincelantes connue l’éclair, ou bien doucement resplendissantes comme la lune, demeures mobiles, de couleurs diverses, larges de plusieurs centaines d 'yodjanas, destinées aux justes et fermées pour les impies. Ceux dont la vie est toujours pure, qui offrent des sacrifices accompagnés de riches présents, qui, contents des chastes plaisirs du mariage, patients, équitables, sages dans leurs discours, font des libéralités aux pauvres, et tiennent peu A ce monde, qui enfin ont su dompter leurs passions, ceux-là, pour jamais affranchis de toute crainte, arrivent dans ces régions bienheureuses où ils brillent comme des étoiles.

Le Pradjâpati, père et aïeul du monde, après avoir ainsi pourvu ses enfants, monta dans le Pouchcara l5, séjour de IirahmA. Cependant tous les habitants du ciel gouvernés par Indra se livraient au bonheur dans les diverses provinces que le créateur leur avait assignées; soumis au prince que le dieu leur avait donné, ils goûtèrent les délices du ciel aux postes différents qu’ils étaient chargés de garder, et prirent leur prt dans le grand sacrifice.

11 Arouna est nommé ici k U place d' Indra. 11 Le texte donne à celte région l'épithète

regenl ordinaiie de l'orient fàmyâ.

" Lotus symbolique.

11 Nom dlndra.

IIARIVANSA.

AMBITION DH1RANYAKCHA.

Vêsampâyana dit :

Dans le temps que les montagnes avaient des ailes, un jour profitant de ce privilège magique que le créateur leur avait donné, elles quittèrent la terre, et partirent du côté de l'occident pour le pays des Asouras gouverné par Hiranyâkcha. Là, en arrivant elles plongèrent dans un lac, et se mirent ensuite à parler aux Asouras du royaume des Dcvas, leur inspirant le désir d’y obtenir la suprématie. Ces récits produisirent leur effet; et les Asouras résolurent de faire un grand effort, et de développer, pour la conquête de cette terre , la science terrible et incomparable dont iis sont doués. Ils saisirent tous leurs armes, des tchacras, des foudres, des poignards, des flèclies \ des arcs, des dards, des lacets, des lances, des masses de fer ou de bois. La terreur les suivait partout : les uns, couverts de cuirasses et d'armures, sont portés sur des éléphants furieux; les autres sur des chars ou des chevaux; quelques-uns sur des chameaux, des rhinocéros, des buiïlcs, des ânes. 11 y en a qui restent à pied, et ne se lieut qu'à la force de leur bras. Ils environnent Hiranyâkcha; les archers ont leur main gauche garnie d’un cuir qui la défend*. Çà et là les Asouras accourent avec joie, avides de combattre.

Alors les dieux, connaissant les desseins des Dètyas, se mettent en devoir de leur résister sous la conduite d’Indra leur chef. Ils se rassemblent, for-

1 Le mot que j'ai traduit ainsi est ou *fgrrrt. que le dictionnaire de Wilson indique comme signifiant une arme à feu. Le ms. bengali dam une seconde copie de ce vers

presque effacée porte prichatca . lequel

mot signifie fkhe; j'ai pensé que c’était un synonyme de bhomoundl .

’rFRf ^ | ! talabaddhâh.

DEUX CENT-VINGT-TROISIÈME LECTURE. 381 ment leur armée en quatre corps de bataille; chargés de flèches, couverts de carquois, le doigt protégé par une lanière de cuir3, ils portent des armes terribles, gardant chacun le poste qui lui est confié. A leur tête s’avance Indra, monté sur Érâvata.

Tout à coup au son des instruments , au bruit des tambours, Iliranyâkcha vient attaquer Indra, et l’accable de coups de haches, de cimeterres, de massues, de lances, de cognées, de masses de fer. Des pluies de traits tombent avec force et rapidité , terribles , éblouissantes. Avec leurs haches au tranchant affilé, leurs masses de fer, leurs poignards et leurs dards, avec de vastes quartiers de rochers, aussi larges que des maisons, avec ces lourds instruments qui donnent la mort à cent hommes, avec des machines en forme de joug de char ou des espèces de balistes et de béliers \ les Dêtyas frappent tous les Dieux. Iliranyâkcha combat à la tète des siens ; sa chevelure est rouge , sa barbe est verdoyante 5, son corps pareil au nuage rougi par le crépuscule, son aigrette haute et menaçante, son vêtement noir et jaune, ses dents éblouissantes de blancheur, ses bras tombant jusqu'à ses genoux, son œil vert®, sa parure formée de lapis-lazuli : il porte des armes de toute espèce , qu'il lève avec fureur, pour encourager l’armée des Dêtyas, et devant eux il apparaît comme la Mort à la fin des âges. A cette vue , les Souras , malgré la présence d'Indra , ont frémi de crainte : ils apercevaient Iliranyâkcha marchant à eux et tel qu'une haute montagne mobile. Troublés à cet aspect, ils prennent leurs arcs, et se rangent en bataille d’après les ordres du prince aux mille yeux.

D'un autre côté, l’armée des Dêtyas brillait avec ses armes d'or, semblable à un beau ciel semé d’étoiles resplendissantes. Ces rivaux s’attaquent mutuellement et se frappent à l’cnvi. Quelques-uns engagent des combats singuliers, luttant corps à corps contre un ennemi qu’ils choisissent, et déployant la vigueur de leurs bras. On en voit çà et là qui tombent, les membres brisés par les coups de massue, ou la poitrine percée par les flèches. Les uns frappent leurs ennemis eux-mêmes; les autres font voler les chars en éclats. Ceux-ci sont écrasés sous les roues; ceux-là ne peu-

baddhagodhân- * hansmajrou.

goalitnlnAh. s r

4 Voye* tom. 1, lect. xlvii, pag. 331. àarfaâcàa.

vent au milieu de la confusion faire avancer leur char de bataille. L'armée des Dana vas ressemblait à un grand nuage tout éclairé par la foudre des dieux; et les deux partis combattaient dans l'obscurité sous la vaste pluie de traits qu’ils se lançaient l’un à l’autre.

I^e vaillant {ils de Diti, Iliranyàkcha, emporté par la colère, s'élevait avec une impétuosité bouillante, comme la mer à l’époque du Parwan \ De sa bouche irritée sortaient des flammes, qui allaient, en tourbillons de feu, d’air et de fumée, brûler les bataillons des Dévas. Scs armes diverses, ses arcs, scs massues paraissaient autant de pics de montagnes et obstruaient l’air où s’agitaient les Dévas. U pénètre dans leurs rangs, et avec ses traits et ses cimeterres, il perce on tranche leurs poitrines et leurs têtes. Les dieux épouvantés n’osent plus faire un mouvement; leur courage les abandonne, et ils ne sauraient tenter aucun effort généreux; Indra lui-même sur l’éléphant l’ràvata est percé (Tun trait habilement lancé, et reste sans défense. Iæ Dânava, vainqueur de tous les Dévas et de leur roi qu’il vient de rendre immobile et sans force, pense que le monde est désormais à lui. Sa voix terrible résonne comme la nuée chargée d’orage; il s’agite avec la force de l’éléphant furieux; il menace encore les vaincus de son arc, et, a la vue des Souras humiliés, il brille et triomphe avec orgueil.

MORT DHIRANYAKCHA.

Yésampâyana dit :

Ix* dieu, qui porte le tchacra et la massue, voyant les Souras vaincus et leur roi privé de mouvement, résolut de donner la mort à Hiranyâkcha. Sous la forme de la montagne qui jadis avait été nommée Vdràha *, le dieu

* Époque particulière de l'année, comme 1 Voyez plus haut 1a lecture eexx. Vârâhm l'équinoxe , le solstice, etc. signifie de umtflter.

arriva pour venger les Sou ras de leur défaite. Alors il prit sa conque merveilleuse, brillante comme la lune, et son tchacra aux mille tranchants, aussi large qu’une montagne. Ce dieu qui a pour lui la grandeur, la sagesse, la piété en partage , l'être infini de qui l’on peut dire qu’il est et qu’il n’est pas, célébré par les immortels sous mille noms mystérieux, et honoré constamment par les hommes vertueux; qui, antique et bon en lui-même, se voit révéré dans le monde, dont il est la véritable essence; qui porte parmi les Souras le nom de Vécoantha, parmi les serpents celui d’Amutffl, parmi les personnes instruites des secrets de l'yoga celui de Yichiwu, et parmi les saints qui s'occupent de sacrifices, celui de sacrifice même; qui fait jouir les habitants du ciel, autrefois habitants de la terre, de la triple offrande de beurre consacré que prennent les Maharchis *; qui est poulies Dêtyas le feu de la mort, pour les Souras la voie suprême, la purification par excellence, Swayambhou, le maître toujours bienveillant; qui, dans tous les âges, accablant les Dânavas sous les coups de son tchacra. jette 1a confusion parmi ces tribus si fières de leurs forces,4 ce dieu enfin remplit de son souille puissant sa conque terrible, célébrée dans les Pourânas et dont le son met en fuite les Dêtyas. A ce bruit formidable et menaçant pour eux , les Dânavas sont troublés; la crainte glace leur courage, et ils jettent les yeux autour d'eux vers tous les points de l'horizon.

Alors le grand Asoura, lliranyâkcha, les yeux rouges de colère, en voyant apparaitre, sous la forme de sanglier, le divin Nâràyana, s’écrie : • Quel « est celui-ci?» Le défenseur des Souras élevait clans ses mains sa conque et son tchacra, et s’étendait comme un vaste nuage placé entre le soleil et la lune. Aussitôt les Asouras, imitant leur chef lliranyâkcha, accourent en agitant leurs armes cl leurs épées. Ilari n’a pas plus remué que la montagne qu'on essaierait d'ébranler. Le courageux et robuste lliranvâkcha lance â la poitrine du sanglier un trait enflammé. Brahmâ lui-même reste étonné de ce coup. Mais le trait est repoussé, et ce fait d'armes excite encore plus l’admiration du dieu. Le divin sanglier, le maître de tous les Souras, attaqué par lliranyâkcha, saisit son tchacra comparable à un soleil, et le lance à la tête du roi Dânava. Cette tête abattue sous ce coup merveilleux roule à terre, comme un des pics dorés du Mérou, frappé de la

* Ce passage fait allusion à l'offrande des dhas et maugeepar les Brahmane». Nova luis

trois ptndas présentée aux Pitris dans les Srâd- de Manou, lect. ni, si. ai5 et suiv.

foudre. Apres la mort d'Hiranyâlicha, les Dânavas qui résistaient encore, saisis de crainte, s’enfuirent rapidement par les dix régions du ciel. Le sanglier mystérieux, terrible surtout dans le combat par les coups de ce tchacra dont il repousse les atteintes de ses adversaires, brillait à la vue de tous les êtres, tel que Cala apparaissant à la fin des âges avec sa verge formidable.

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