‹ Harivansa ou Histoire de la famille de Hari ouvrage formant un appendice du Mahabharata et traduit sur l'original sanscritChapitre 83 sur 140 · VICTOIRE DE B ALI · texte numérisé non relu

VICTOIRE DE B ALI

Vèsampàyana dit :

Agni, après avoir entendu le discours de Vrihaspati, reprit dans le combat un nouvel éclat, tel que celui que lui donne le havis 1 dans le sacrifice. Les armes magiques des Dêtyas se trouvèrent amorties par la force d’Agni. Ceux-ci, voyant leurs espérances trompées et leurs troupes vaincues, se présentèrent devant Bali, et Prahlâda, lui montrant son parti abattu par le merveilleux Agni, lui adressa ces paroles : * Prince des Asouras, n’es-tu

■ pas le feu, le vent, le soleil, l’eau, la lune, les constellations, les régions

■ célestes, l’atmosphère et la terre, l’avenir, le passé et le présent? C’est là

11 Yoyex lect ccxviil, pag. 364. ogmha, employé, dit-on, pour agriha.

M O** niol» rendent l'idée contenue dans 1 L'offrande de beurre, le ghrita {ghet).

it.

• un privilège que tu as reçu du divin Swayambhou. Ce dieu ne ta-t-il « pas accordé le titre d’Indra, le droit de porter le tchâmara, le triomphe

• dans la guerre, l’empire, la puissance, la force d’une armée innombrable,

• la domination sur tous les êtres, la prééminence, la souveraine vertu de

• yoga , l'héroïsme dans les combats, l’immensité, la légèreté, enfin toutes

• les qualités précieuses? Ainsi , ô roi des Dêtyas, ta destinée est de vaincre

• les dieux et leurs adhérents : c’est Brahmâ qui l’a dit. •

Bali entendit avec plaisir ces paroles du grand Prahlâda , et se dirigea aussitôt du côté où se trouvait le char d'Indra. Tandis que le roi des Asouras marchait vers le roi des dieux, les saints Brahmanes venaient le saluer avec respect; les êtres privés de raison donnaient des signes d'heureux présage. Les pénitents, les cheveux relevés en djatâ , bénissaient ses armes; les poètes célébraient sa grandeur. Et lui, chargé de parures d’or et de pierres précieuses, et distingué par son extérieur, brillait de même que le disque du soleil. Bali voyait son armée pressée par celle d’Indra, et telle que f horizon en automne, quand le vent amène les nuages au ciel. 11 voyait les troupes ennemies protégées de tout côté par Agni s’élever avec \ iolcnce comme les flots de la mer à l’époque des parwasandhis a. Aussitôt il attaque ces vaillants adversaires avec des tridents, des lances, des javelines, des massues, des épées, des flèches. Aussi terrible que le nuage qui renferme la foudre, il pousse un cri semblable 4 celui du lion, du taureau ou de l’éléphant. Il apparaît tel que le feu de CAla qui dévore tous les êtres: ses armes magnifiques sont comme la fumée qui enveloppe ce feu, ses bras agités comme le vent qui l’anime, sa valeur héroïque comme l’aliment qui l’entretient. C’est sous cette horrible forme que Bali se montre dans le combat.

* Voyez lecl. cc.xi, note o.

Page 1