‹ Harivansa ou Histoire de la famille de Hari ouvrage formant un appendice du Mahabharata et traduit sur l'original sanscritChapitre 85 sur 140 · RÈGNE DE B ALI · texte numérisé non relu

RÈGNE DE B ALI

Yésampàyana dit :

Les Dieux avaient succombé; les trois mondes reconnaissaient la domination des Dêtyas; la victoire du grand Bali était proclamée au loin par Maya et par Sambara. Cependant la sérénité régnait dans l'atmosphère; la justice réglait toutes les actions, la lune avait repris son cours accoutumé, le soleil suivait sa route ordinaire, et les diverses régions du ciel, devenu la conquête des Dêtyas, étaient gardées par Prahlàda, Sambara, Maya et Anouhrâda. Les sacrifices avaient retrouvé leur éclat; les moyens d’arriver au Swarga étaient encore enseignés. Le monde marchait dans les voies de la nature; la vertu était pratiquée, les péchés soigneusement évités, les œuvres de pénitence religieusement observées. La Piété se soutenait sur quatre pieds , et l’impiété n’en avait qu’un *. Les rois veillaient au salut des êtres : chacun suivait le devoir de son état et les saintes obligations de la vie dévote a. C’est alors que le roi Bali fut sacré au milieu des transports de joie et des cris de fêle de tous les Asouras. En ce moment la bienfaisante Lakchmi vint se placer près du trône de ce prince, et, tenant une fleur de lotus à la main, bénit le monarque Asoura.

« O Bali, dit-elle, noble et vaillant roi, au milieu des malheurs qui acca- « blent les Dévas, je suis heureuse de tes succès. Le roi des dieux a été vaincu • par ta force; mais eu voyant ta justice je me console et viens auprès de toi. ■ Je ne m'étonne plus qu’un Asoura tel que toi, qu’un fils d’Iliranyacasipou « ait exécuté de pareilles œuvres. Tu es la gloire de ce prince ton aïeul, toi

1 Voyez tome I, lecture xLVI. page 218. * Ce*t-«Klirc le* tlzramai, qui sont au nombre

note 9. de quatre.

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* qui gouvernes avec tant de bienveillance les trois mondes. Sous ton règne « tous les devoirs sont remplis avec une louable exactitude; aussi l'empire

* de ces trois mondes est-il pour toujours assuré à ta puissance. ■

Ainsi parla la divine Lakchmi au roi des Délyas, déesse bonne, charmante, aimée de tous les êtres. Quelques autres des plus illustres déesses vinrent aussi se ranger auprès du grand roi Bali, telles que la Pudeur (//ri), la Gloire (Kirtti), la Lumière (/tyoa/i), la Splendeur (Prabhâ), la Fermeté ( Dkriti ) , la Constance ( Kchamd), la Puissance surnaturelle ( Bhoùii ), la Moralité (iVift), la Science ( Vidyd }, la Miséricorde (Z)ayd), la Sagesse (jl/a/i), la Tradition ( Smriti ), la Réflexion [Mèdhâ), la Modestie ( Ladjdjâ ). la Beauté ( Vaimuhpouchti ), la Sainte-Écriture (Srouti) 5, la Volupté (Prih), I Kloquencc (/</a), la Grâce (Cttn/f), la Tranquillité (Sd/ifi), la Prospérité ( Yriddhi), l'Humanité [Cripd). Toutes les Apsarâs déployèrent devant ce prince leurs talents dans les arts de la danse et du chant. C’est ainsi que le pieux Bali obtint la possession des trois mondes et Pcinpire sur tous les êtres animés et inanimés.

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