‹ Harmodius: tragédieChapitre 13 sur 72 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

N'a pas créé nos mœurs, il est engendre d'ell^'s. Nous croupissions déjà dans un impur marais ; La fange naît d'abord, et Python vient après...

ARISTOGITON

Et riiydre aux longs replis à nos membres se noue, Chaque jour nous tirant plus a^ fond de la boue.

LE CHŒUR

Quels généreux efforts avez-vous donc tentés? Par un coup de vertu vous seriez remontés!

Mais la jeunesse dort dans l'orgueil de ses vices ; On ne la dresse plus aux mâles exercices; Les frugales vertus ne sont plus en honneur, Et chacun veut sa part d'un luxe empoisonneur.

38 IIARMODIUS.

L'éphèbe atteint, déjà, des hontes d'un autre âge. Estime la richesse au-dessus du courage; Et Tor met plus souyent ses souillures aux doigts Des jeunes d'aujourd'hui que des vieux d'autrefois.

AiaSTOGlTOK.

Tu fais bien, ô vieillardi,.de louer les ancêtres Pauvres, laborieux, ne souffrant pas de maîtres, De vanter le passé pour nous rendre jaloux.

Et nous donner le cœur d'aller plus haut que vous. Ne dis pas, cependant, que dans Tombre où nous sommes. Plus rien ne brûle au cœur des pâles jeunes hommes. Va! si quelque étincelle, en cet hiver trompeur. Doit des bons citoyens réveiller la torpeur, D'un courroux généreux, si la cité s'embrase^

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