SCÈNE l
On n'y regrettait point l'empire de la loi, Et les jours orageux où le peuple était roi.
Nous yivons dans la paix sous les Pisistratides, Et Solon nous laissa querelleurs et mutins... Connais mieux ce yain peuple et supporte les guides, Qu'à sa fougueuse ardeur ont donnés les destins.
Ces tyrans ne sont point sans gloire et sans sagesse ; Nous régnons sous leur joug, les premiers de la Grèce. Usons d'eux à loisir, sans les jeter à bas, Leur sachant quelque gré du mal qu'ils ne font pas ; Et moins libres qu'ayant, mais riches et tranquilles, Jouissons du repos, le plus grand bien des yillas.
36 UARMODIUS.
ARISTOGITON
Ce repos sous le joug, c'est la paix de la mort, C'est le calme fangeux d'une eau sombre qui dort ; C'est l'immobilité de l'impur marécage, Où le reptile éclôt, d'où le venin surnage.
Ce sommeil des esprits et des flots sans rumeurs, Souille la terre et l'air, empoisonne les mœurs ; Les feuilles des forêts dans ce bourbier jetées. Les âmes des vivants *y meurent infectées.
LE CHŒUR
Le mal dont tu gémis est vieux dans la cité ; C'est lui qui fait, partout, mourir la liberté. Ce règne environné d'infections mortelles,