SCÈNE
HIPPARQliE, SIMOMDE, HARMODÏUS, ARISTOGITON,
LE CHŒUR
HIPP ARQUE, entrant, à Simonidc.
Va, rejoins Hippias ; je veux, cher Simonide,
A ces hymnes nouveaux que ta lyre préside.
Hors des murs, par nos soins, le cortège est formé ;
J'ai disposé les chœurs dans Tordre accoutumé ;
Tout est prêt. Des vieillards la troupe auguste et lente
Semble, sous ses rameaux, une forêt mouvante.
5i IIARMODIUS.
Les guerriers ont vêtu leur plus mâle appareil : Piques et boucliers reluisent au soleil.
Des éphèbes joyeux, ornés d'une couronne, Déjà l'essaim léger s'amoncelle et bourdonne ; Dans ce groupe sonore et prompt à tressaillir, Prélude un clair murmure aux voix qui vont jaillir. Tel qu'un champ d'épis mûrs, mobile comme l'onde, Se balance un long flot d'enfants à tête blonde. Éphèbes ou vieillards, tous purs, étincelants, Marchent nus, ou drapés de souples tissus blancs. Puis nos vierges, des fleurs à tromper une abeille. De leurs bras arrondis soutenant leur corbeille. Graves, à pas rhythmés, glissent avec douceur ; Un parasol de pourpre, abritant leur blancheur, Est porté sur leur front — servitude légère,