‹ Harmodius: tragédieChapitre 21 sur 72 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Moi je connais la place où me veut le destin.

Va ! mes mains porteront ce qu'il convient aux hommes

De porter dans Athène, à cette heure où nous sommes ;

Et je suis prêt à faire, en citoyen pieux,

Ce qu'ordonnent les lois et ce qui plait aux dieux.

HIPPARQITE.

J'admire ce tour bref et cette voix hautaine ;

Sparte a fait un disciple, au moins, dans notre Athène I

Sous le masque d'Ares, Éros s*est enfoui :

Innocent appareil dont l'œil est réjoui !

Je pourrais m'en blesser, j*aime mieux en sourire ;

Je vois ici, d*ailleurs, le maître qui t'inspire :

60 llÂnMODIUS.

Tu n'es de ton dédain coupable qu'à moitié ; Car ta haine pour nous vient de son amitié.

Je pardonne à tous deux. . .

Se tournani vers Âristogiton.

Mais j'invite au silence Cet homme aux longs discours plus aigus que sa lance. Qui nous fait sagement, derrière les buissons, La guerre des bons mots ou des graves leçons; Qui se plaint d'exister sous les Pisistratides ; Qui va semant partout ses paroles perfides, De l'Hymette à Colone, et du gymnase au port. Réveillant, comme il dit, le lion qui s'endort ; Pleurant Solon, ses lois, ses exemples suprêmes... Mais Solon, mais ses lois, mais son c<rur, c'est nous-mêmes ! En faveur des pelits, nous pesons sur les grands.

SCÈiNK III. 61

Et c'est le peuple entier qui nous veut pour tyrans : Il veut qu'on le nourrisse, et non qu'on le harangue. Ne prétends plus, chez nous, t'illustrer par ta langue.

ARISTOGITON

Le noble Hipparque, ami des poëtes fameux.

Me connaît mal, peut-être, en me jugeant comme eux : Si je veux m'illustrer loin des plaisirs frivoles, C'est par des actions, et non par des paroles.

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