SCÈNE V
On n'admet aux honneurs de la déesse Athène Que les Athéniens d'origine certaine. »
Les hardis étrangers qui le suivent toujours De leurs rires impurs appuyaient ce discours. J'ai voulu résister ; mais la troupe insolente Allait porter la main sur Ismène tremblante... Nous avons fui, tâchant d'éviter tous les yeux, Et prenant à témoin les ombres des aïeux,
ma race, ô ma sœur, lâchement outragées.
Je vous fais le serment que vous serez vengées! Cet homme périra!
ISBIÈIïE.
Mon frère, exauce-moi!
Un si terrible coup retomberait sur toi.
Que me font la vengeance et la justice même?
Je ne hais nul mortel, 6 mon frère, et je t'aime! Ce combat inégal, pour ma cause entrepris.
Te condamne au trépas, et ta sœur au mépris.
Quand la guerre s'allume au sujet d'une femme, Si pure qu'elle soit, on la tient pour infâme. Frère ! épargne à ta sœur le renom flétrissant Des femmes dont Torgueil coûta des flots de sang.
Va I que le coup tenté soit heureux ou néfaste, Ton nom restera pur comme ton âme est chaste, Ismène ! Et l'on saura que j'avais dans le cœur Un autre amour encor que Tamour de ma sœur;