SCÈNE VIII
La neige épaisse de ton âge, Ta nuit lourde sur mon midi.
Rien n'allume plus dans tes veines Le feu des amours ou des haines, La sainte ivresse des héros.
Ton cœur, patient sous l'insultp.
Est inhabile au noble culte Ou de Némésis ou d'Éros.
Je vénère ta longue vie; Mais accorde à ma jeune envie Ce combat... fût-il incertain!
Mon âge est prompt à la colère ;
C'est à moi d'être (téméraire ; Ainsi Ta voulu le destin.
Amis, nous laissons fuir l'occasion propice ;
Le destin nous la donne, et veut qu'on la saisisse,
Et les dieux offensés se vengeraient sur nous,
Si la victime offerte échappait à nos coups.
Sous les yeux d'Hippias, plein d'orgueil et de joie
Écartant tout soupçon^ la fête se déploie.
De ses gardes impurs un instant séparé «
Le tyran se confie au cortège sacrée
Et dans le Céramique, en dehors de la ville^
Sa voix dirige en paix cette foule tranquille.