‹ Harmodius: tragédieChapitre 49 sur 72 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

Oui, je vais attaquer Hippias et son frère !

Je veux — et ces amis sont là qui m'aideront —

Satisfaire ma haine et venger ton affront.

ISMÈNE

Val je n'ai point de haine et ne sens plus roffenso. Tu sais, toi qui connais mon cœur dès notre enfance, Que nul ressentiment n'y dura tout un jour, Frère, et qu'il ne partage avec toi que Tamour. Que ce soit pour ta sœur, pour les lois elles-mêmes, Ne t'en va pas mourir, ô frère, si tu m'aimes!

HAHMODIUS.

Non, je ne mourrai point, enfant, sois sans effroi I Je combats pour Âthène encor plus que pour toi,

Je vaincrai ! je le sens à mon espoir tranquille ; Car je porte avec moi les destins de ma ville. Je sens qu'un grand ouvrage, en ce jour glorieux, Sera dans notre Âttique accompli par les dieux, Que la liberté sainte en aimera l'histoire; Et j'augure en mon cœur une illustre victoire.

ISMENE

Mon cœur ne me dit rien des volontés du sort ; Mais je t'aime, et je tremble, et je pense à ta mort.

J'accepte le trépas, s'il délivre ma ville; • Ilion n'est tombé qu'après celui d'Achille; Et des dieux, pour son peuple, un homme obtient souvent

Page 1