SCÈNE XI
J'ai la parole auguste, ainsi que toi les larmes^ Nul n'osera blesser l'aïeul qui te défend, Et les droits du vieillard protégeront l'enfant. Dans ses plus noirs discords, à l'abri des atteintes, La cité gardera nos deux majestés saintes.
Mais rappelle en tes yeux leur sereine clarté ; Tâche e ressaisir ta douce volonté, Et d'offrir au malheur, en cette heure suprême, Un cœur soumis aux dieux et maître de lui-même. Lorsqu'un mortel a fait pour combattre le sort Tout ce que la sagesse inspire à l'homme fort. Lorsqu'au grand Zeus il a prodigué ses prières, Et ses prudents conseils aux amis téméraires, Il doit se reposer dans un espoir pieux, Et, n'ayant point failli, laisser agir les dieux.
U2 UàRMODIUS.
C'est aux vierges surtout que sied la patience : Le sort n'exige rien de leur douce impuissance ; Il suffit que leur cœur soit chaste et soit soumis, Les pleurs et les soupirs lui demeurent permis. Pleure» mais sois paisible et sans crainte, ô ma fille ! Je veillerai sur toi, je serai ta famille ; Tu vivras à l'abri de tout nouveau malheur, Dans ce cercle d'aïeux tendres à ta douleur.
ISMÈNE
Vieillards! entendez-vous des cris, un son terrible? Il se passe, là-bas, quelque chose d'horrible. Des pas lourds, des clameurs, des coups stridents et clairs, D'effroyables soupirs, se mêlent dans les airs!