‹ Harmodius: tragédieChapitre 64 sur 72 · SCÈNE Xir · texte numérisé non relu

SCÈNE Xir

ISMÈNE

Vieillards ! mon frère est mort, je vous le disais bien! Mon cœur avait senti la blessure du sien.

cher Harmodius, permets que je te suive :

Nul amour, uul devoir, n'ordonne que je vive !

Elle se jette sur le corps d'Harmodius et le tient embrasfé.

UN CONJURÉ

Vieillard! Hipparque est mort! et voici ses vainqueurs. Fier, et nous mesurant de ses regards moqueurs, Méprisant notre nombre et celte arme illusoire, Entouré de soldats, savourant sa victoire, Le tyran s'approchait, certain qu'on aurait fui. D'un élan imprévu nous bondissons sur lui,

152 HARMODTUS.

Et comme un coin d'acier, fendant la frêle écorce, Pénètre au cœur de l'arbre et s'enfonce avec force, De ses amis troublés nous perçons le rempart : Le noble Harmodius l'atteint de son poignard, Et d'un fer aussi prompt l'autre héros l'achève. Mais tous deux, à la fois, tombent frappés du glaive. Terribles, excités par ces généreux morts, Sur l'infâme troupeau nous redoublons d'efforts : Le maître n'étant plus, tout fuit; le vil cortège, Sous notre ardent courroux se fond comme la neige. Encor un coup pareil, et, relevant ton front. Tu seras libre, Athène, et les lois régneront!

LE CHŒUR

Hélas! avant ce règne auguste et pacifique,

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