‹ Harmodius: tragédieChapitre 65 sur 72 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

Combien de deuils encor assombriront l'Attique? Du sang de deux héros précieux à TÉtat Vous venez de payer un stérile attentat; Et pour longtemps voués, peut-être, aux tyrannies, Vous avez déchaîné les noires Ëry unies.

Croyez-vous qu'IIippias vous pardonne aisément, Qu'un frère assassiné le rende plus clément?

Tremblez que la vengeance au sang ne l'habitue ! On fait des meurtriers chaque fois que Ton tue. Toujours le sang qu'on verse est payé par du sang; Les fureurs des pnrlis vont toujours grandissant. Tant que Zeus, clairvoyant, et terrible au coupable. Habitera, là-haut, son trône inébranlable, Cette loi régnera, frappera chaque jour.

Qui veut que l'agresseur soit victime à son tour.

154 liARMODIU^.

Tel est le sort; tel fut Tarrêt des destinées Sur ces races de rois au meurtre condamnées Maintenant que, par vous, sur la pâle cité, Un premier meurtre étend cette fatalité, Parmi les citoyens comment finira-t-elle, Cette loi de vengeance et de hame mortelle?

Quel dieu, nous ramenant à des instincts plus doux, Chassera Némésis, introduite chez nous?

ISMENII.

mort, aveugle mort, pourquoi t'es-tu Irompée? Au lieu d'IIarmodius, que ne m'as-tu frappée? Il eût versé les pleurs que je verse aujourd'hui, Mais il aurait pu vivre, et moi je meurs sans lui.

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