‹ Harmodius: tragédieChapitre 7 sur 72 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

Sous les lauriers ombreux ne plus ouïr, le soir, Tes doux rossignols, ô Colone I

Ne plus vous embrasser, ô port, ô long rempart,

Du haut de TAcropole sainte, Dans ce fluide azur qui porte le regard.

Au delà des flots, vers Corinthe !

Ne trouver nulle part, si beaux que soient les lieux, Un lieu dont le cœur se souvienne !

N'être plus salué des sons mélodieux De la parole ionienne !

Ne plus savoir le nom des marins dans le port. Des vierges autour des fontaines!...

L'exil est plus qu'un deuil, Texil est une mort, Lorsque la patrie est Athènes.

ABISTOGITON.

Du citoyen qui pense et parle fièrement L'exil est le recours, s'il n'est son châtiment. L'exil atteint tous ceux qu'on aime et qu'on renomme. Quand règne, au lieu des lois, le caprice d'un homme. Comptez tous les grands cœurs et tous les gens de bien Arrachés par l'exil au sol athénien,

Depuis que cette foule, aveugle autant qu'ingrate,

A renié Solon pour croire à Pisistrate I

Le flatteur seul prospère à l'ombre du tyran ;

Les plus vils, en un jour, montent au premier rang.

Nul ne sait quel décret l'atteindra dans une heure^

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