SCÈNE XIII. iô
Que les troupeaux, orgueil des robustes bouviers, Croissent pour ses festins et pour ses sacriGces;
Que nul souffle empesté ne brûle ses guérets, N'y boive l'eau des puits et le lait des mamelles, N'y tarisse le miel, la sève des forêts, N'y dessèche les flancs des fécondes femelles;
Que les blanches brebis, paissant sur les sommets, Enrichissent d'agneaux les caiipagnes prospères ; Que les venins cachés épargnent à jamais La santé des enfants, la sagesse des pères.
Car j'aime les humains, comtne Un bon jardinier Chérit les fleurs qu*il sème et les arbres qu'il plante \
166 UARMODIUS.
Je fais durer le juste et sa race yaîllante ; J'abrite des vents froids le bourgeon printanicr.
Eloignez-vous, fléaux qui tuez avant l'heure! Je veux que chaque vierge et son robuste amant Des douceurs de l'hymen jouisse longuement, Et que la volupté féconde leur demeure.
Oui, je t'aime entre tous, ô peuple athénien! Je bannis de tes murs la haine et la discorde; Je veux que l'on s'entr'aide, et que le citoyen Garde à l'étranger même une miséricorde ;
Que jamais, pour venger le meurtre, un meurtrier Ne lève plus le fer dans notre douce Athènes !