‹ Harmonies de la natureChapitre 1 sur 49 · HARMONIES HUMAINES · texte numérisé non relu

HARMONIES HUMAINES

Le sentiment est la conscience du cœur ^ comme la raison est la science de Fesprit. C'est au cœur que la nature fait aboutir à la fois tous les sens de notre corps et toutes les lumières de notre esprit Prenons pour exemple le sens de la vue. Nous ayons > à la jonction de nos deux nerfs optiques ^ un sensorium qui reçoit les images des objets ; ce sensorium y qui nous donne la science de la lumière y a des communications avec le cœur ^ sans lequel nous n'aurions p<nnt la conscience de la vision. Le cœur est-il op« pressé, la Yue se trouble. Il en est de même des 3. I

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vérités purement inlellecluelles, telles sont, par exemple^ celles de la géométrie. Toutes ces démonstrations se terminent à Févidence : or révidence est un sentiment ; c'est la raison de la nature , et le nec plus ultra de la nôtre en harmonie avec la sienne. On ne peut raisonner au-delà sans déraisonnéJi;. Voilà pourcjuoi les recherches trop profondes des métaphysiciens les ont jetés dans Tahsurde. Cétoitpour avoir outrepassé révidence ; que le subtil Malebranche avoit conclu que les -animaux n^'a voient point de sentiment. C'est en suivant la même route, que nos idéologistes modernes $ont tombés dans l'athéisme. La vérité est comme un rayon du soleil : si nous vouloi» la fixer en elle-même, elle nous éblouit et nous aveugle ; mais si nous ne considérons que les objets qu'elle nous rend sensibles , elle éclaire à 1^ fois notre esprit et réchauffe notre cœur. Cest au cœur qu'aboutit le sentitnentde son évidence : il excite ht joie, l'admij^ation et l'enthousiasme dans le géomètre même le plus impassible. C'est ce sentiment qui fit sortir tout nu dtt bain , et courir hors de hii-même dans les rues de Syracuse , Ar* chimède , que le saccage de cette grande villa et l'épée de son meurtrier ne purent émouvoir. Ùévidence est une harmonie de l'âme et de la Divinité. Son premier sentiment est un

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Tavissément céleste^ tel que seroit celui d'un rayon de lumière au milieu d'une obscurité profonde.

Ainsi l'esprit n'a point de science si le cœur n'en a la conscience. La certitude est donc^ en dernière analyse , un sentiment^ et ce sentiment ne résulte que des lois de la nature ; car celles deâ hommes sont trop variables. Il n'y a de vrai dans leurs systèmes que ce qui produit en nous le sentiment de Y évidence , c'est-à-dire que cd qui est fondé sur les lois de la nature même. Il est remarquable encore que la nature ne nous laisse connoître de $es lois que celles qui ont des rapports avec nos besoins y car il n'y a que celles-là dont nous ayons le sentiment.

Je définis donc la science le sentiment des lois de la nature par rapport aux hommes. Cette

définition^ toute simple qu'elle est^ est plus exacte et plus étendue qu'où ne pense ; elle circonscrit les limites de notre savoir, et nous montre jusqu'où nous pouvous lés porter : car il s'ensuit que lorsque nous n'avons pas le sen« timent d'une vérité^ nous n'en avons pas la science ^ et que d'un autre côté il en peut résulter une science , dès que nous en avons le sentiment.

Cette définition de la science en général convient à toutes les sciences en particulier.

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