‹ Harmonies poétiques et religieuses (volume 2)Chapitre 11 sur 96 · LA LAMPE DU TEMPLE · texte numérisé non relu

LA LAMPE DU TEMPLE

Ce n'est pas pour écarter Tombre Des pas de ses adorateurs ; Le vaste nef n'est que plus sombre Devant tes lointaines lueurs.

Ce n'est pas pour lui faire hommage Des feux qui sous ses pas ont lui, Les cieux lui rendent témoignage, Les soleils brûlent devant lui.

Et pourtant, lampes symboliques.

Vous gardez vos feux immortels, Et la brise des basiliques Vous berce sur tous les autels.

Et mon œil aime à se suspendre A ce foyer aérien.

Et je leur dis sans les comprendre :

Flambeaux pieux, vous faites bien.

Peut-être, brillantes parcelles De l'immense création, Devant son trône imitent-elles L'éternelle adoration.

Et c'est ainsi, dis-je à mon âme, Que de l'ombre de ce bas lieu, Tu brûles, invisible flamme.

Et la présence de ton Dieu*

ou L*AME PRÉSENTE A DIEU. 35

Et jamais, jamais tu n'oublies De diriger vers lui mon cœur, Pas plus que ces lampes remplies, De flotter devant le Seigneur.

Quel que soit le vent, tu regardes Ce pôle, objet de tous tes vœux, Et comme un nuage tu gardes Toujours ton côté lumineux.

Dans la nuit du monde sensible Je sens avec sérénité QuUl est un point inaccessible A la terrestre obscurité 3

Une lueur sur la colline , Qui veillera toute la nuit.

Une étoile qui sMllumine Au seul astre qui toujours luit \

Un feu qui dans Fume demeure Sans s'éteindre et se consumer.

Où Ton peut jeter à toute heure Un grain d'encens pour l'allumer.

Et quand sous l'œil qui te contemple, mon âme, tu t'éteindras.

Sur le pavé fumant du temple.

Son pied ne te foulera pas.

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