DEUXIÈME
S'^icxbmu
Et la mer s^apaisait, comme une urne écumante Qui s^abaisse au moment où le foyer pâlit , £t retirant du bord sa vague encor fumante , Gomme pour «^endormir rentrait dans son grand lit;
Et Pastre qui tombait de nuage en nuage , Suspendait sur les flots un orbe sans rayon , Puis plongeait la moitié de sa sanglante image , Comme un navire en feu qui sombre à rhorizon y
96 rOCCIDENT.
Et la moitié du ciel pâlissait , et la brise Défaillait dans la voile, immobile et sans voix , Et les ombres couraient , et sous leur teinte grise, Tout sur le ciel et Peau s^effaçait à la fois ;
Et dans mon âme , aussi pâlissant à mesure, Tous les bruits d4ci-bas tombaient avec le jour, Et quelque cbose en moi , comme dans la nature. Pleurait , priait , souffirait , bénissait tour à tour !
Et vers Poccident seul , une porte éclatante Laissait voir la lumière à flots d^or ondoyer, Et la nue empourprée imitait une tente Qui voile sans Téteindre un immense foyer ;
Et les ombres , les vents , et les flots de Pabîme, Vers cette arcbe de feu tout paraissait courir, Gomme si la nature et tout ce qui Tanime En perdant la lumière avaient craint de mourir î
La poussière du soir y volait de la terre , L^écume à blancs flocons sur la vague y flottait ; Et mon regard long , triste , errant , involontaire. Les suivait , et de pleurs sans chagrin s^humectait.
Et tout disparaissait ; et mon âme oppressée Restait vide et pareille à Phorizon couvert , Et puis il s'élevait une seule pensée , Comme une pyramide au milieu du désert !
lumière ! où vas-tu ? Globe épuisé de flamme ,