SEPTIÈME
iÇ^ne h la IPouleur.
Frappe encore , ô Douleur, situ trouves la place. Frappe, ce cœur saignant fabhorre et te rend grâce, Puissance qui ne sais plaindre ni pardonner ! Quoique mes yeux niaient plus de pleurs à te donner, Il est peut-être en moi quelque fibre sonore Qui peut sous ton regard se torturer encore , Comme un serpent coupé sur le chemin gisant.
Dont le tronçon se tord sous le pied du passant Quand rhomme, ranimant une rage assouvie ,
HYMNE A LA DOULEUB. 135
Cherche encor la douleur où ne bat plus la vie ! Il est peut-être encor dans mon sein déchiré Quelque cri plus profond et plus inespéré Que tu n^as pas encore tiré d'une âme humaine , Musique ravissante aux transports de la haine ! Cherche ! je m'abandonne à ton regard jaloux , Car mon cœur n'a plus rien à sauver de tes coups !
Souvent, pour prolonger ma vie et ma souffrance , Tu visitas mon sein d'un rayon d'espérance , Comme on laisse reprendre haleine aux voyageurs , Pour les mener plus loin au sentier des douleurs ; Souvent , dans cette nuit qu'un éclair entrecoupe , De la félicité tu me tendis la coupe , Et , quand eUe écumait sous mes désirs ardens , Ta main me la brisait pleine contre les dents , Et tu me déchirais , dans tes cruels caprices , La lèvre aux bords sanglans du vase des délices ! Et maintenant , triomphe ! li n'est pas dans mon cœur Une fibre qui n'ait résonné sa douleur !
Pas un cheveu blanchi de ma tète penchée Qui n'ait été broyé comme une herbe fauchée ! Pas un amour en moi qui n'ait été frappé , Un espoir , un désir , qui n'ait péri trompé ! Et je cherche une place en mon cœur qui te craigne, Mais je ne trouve plus en lui rien qui ne saigne !
Et cependant j'hésite , et mon cœur suspendu Flotte encore incertain sur le nom qui t'est dû ! Ma bouche te maudit ; mais n'osant te maudire,