HUITIEME
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L^IDBE DE DIEU.
Sinaï ! Sinai ! queUe nuit sur ta cime !
Quels éclairs, sur tes flancs, éblouissent les yeux !
Les noires vapeurs de Pabîme Roulent en plis sanglans leurs vagues dans tes cieux !
La nue enflammée Où ton firont se perd, Vomit la fumée Gomme un chaume vert ;
JÉHOYA, OU L'IDÉE B£ BISU. 129
Le ciel d'où s'échappe Éclair sur éclair, Et pareil au fer Que le marteau frappe, Lançant coups sur coups La nuit, la lumière, Se voile ou s'éclaire, S'ouvre ou se resserre, Comme la paupière D'un hooune en courroux !
Un homme, un homme seul gravit tes flancs qui grondent, En vain tes mille échos tonnent et se répondent, Ses regards assurés ne se détournent pas !
Tout un peuple éperdu le regarde d'en bas; Jusqu'aux lieux où ta cime et le ciel se confondent , Il monte, et la tempête enveloppe $e8 pas !
Le nuage crève ; Son brûlant carreau Jaillit comme un glaive Qui sort du fourreau !
Les foudres portées Sur ses plis mouvans, Au hasard jetées Par les quatre vents. Entre elles heurtées, Partent en tous sens, Gomme une volée D'aiglons aguerris
150 JÉHOYA, OU L*IBÊ£ DE DIEU.
Qu^un bruit de mêlée A soudain surpris, Qui, battant de Taile, Volent pêle-mêle Autour de leurs nids, Et loin de leur mère, La mort dans leur serre, S^élancent de Faire En poussant des cris !
Le cèdre s'embrase, Crie, éclate, écrase Sa brûlante base Sous ses bras fumans !
La flamme en colonne Monte, tourbillonne, Retombe et bouillonne En feux écumans ; La lave serpente.
Et de pente en pente Etend son foyer ; La montagne ardente Parait ondoyer ; Le firmament double Les feux dont il luit ; Tout regard se trouble.
Tout meurt ou tout fuit ; Et Pair qui s'enflamme, Repliant la flamme Autour du baut lieu.
Va de place en place
JÉHOVA, OU riBÉE B£ DIEU. 131
Où le vent le chasse, Semer dans Pespace Des lambeaux de feu !
Sous ce rideau brûlant qui le voile et Téclaire, Moïse a seul, vivant, osé s^ensevelir; Quel regard sondera ce terrible mystère ?
Entre Thomme et le feu que va-t-il s^accomplir ? Dissipez, vains mortels, Teffroi qui vous atterre ! Cest Jéhova qui sort ! Il descend au milieu
Des tempêtes et du tonnerre !
G^est Dieu qui se choisit son peuple sur la terre, Cest un peuple à genoux qui reconnaît son Dieu !
L^Indien élevant son âme Aux voûtes de son ciel d^azur.
Adore réternelle flamme Prise à son foyer le plus pur ; Au premier rayon de Paurore, Il sMncline, il chante, il adore L^astre d^où ruisselle le jour ; Et le soir, sa triste paupière Sur le tombeau de la lumière Pleure avec des larmes d^amour !
Aux plages que le Nil inonde.
Des déserts le crédule enfant.
Brûlé paii le flambeau du monde.
Adore un plus doux firmament.
189 JiHOYA, OU LIBÉE DE DIBU.
Amant de 8es nuits solitaires ,
Pour son culte ami des mystères ,
Il attend Tombre dans les cieux ,
Et du sein des sables arides
Il élève des pyramides
Pour compter de plus près ses dieux.
La Grèce adore les beaux songes Par son doux génie inventés, Et se9 mystérieux mensonges, Ombres pleines de vérités !
U naît sous sa féconde haleine Autant de dieux que Pâme humaine A de terreurs ou de désirs ; Son génie amoureux d^idoles Donne Pêtre à tous les symboles, Crée un dieu pour tous les soupirs !
Sâhra ! sur tes vagues poudreuses, Où vont, des quatre points des airs, Tes caravanes plus nombreuses Que les sables de tes déserts ?
G^est Paveugle enfant du prophète, Qui va sept fois frapper sa tête Gontre le seuil de son saint lieu !
Le désert en vain se soulève Sous la tempête ou sous le glaive.
Mourons, dit-il, Dieu seul est Dieu !
Sous les saules verts de TEuphrate, Que pleure ce peuple exilé ?