‹ Harmonies poétiques et religieuses (volume 2)Chapitre 53 sur 96 · A M. REBOUL · texte numérisé non relu

A M. REBOUL

A nÎhBS.

Le soufifle inspirateur qui fait de Pâme humaine

Un instrument mélodieux, Dédaigne des palais la pompe souveraine , Que sont la pourpre et For à qui descend à peine

Des palais rayonnans des cieux?

11 s'abat au hasard sur Tarbre solitaire.

Sur la cabane des pasteurs, Sous le chaume indigent des pauvres de la terre, £t couvre en souriant un glorieux mystère

Dans un berceau mouillé de pleurs !

G^est Homère endonûi, qu^un esclave sans maître

Réchauffe de son seul amour ; C^est un enfant chassé de Pomhre de son hêtre. Qui pleure les chevreaux que ses pas menaient paître.

Et qui sera Yirgriie un jour !

C^est Moïse flottant dans un berceau fragile Sur Tonde, au hasard des courans, Que réclair du Sina visite entre cent mille Pendant quMl fend le marbre ou qu^il pétrit Pargile Pour la tombe de 9es tyrans !

Ainsi Pinstinct caché dans la nature entière

Mûrit pour Timmortalité , La perle au fond des mers, Tor au sein de la pierre, Le diamant dans Pombre où languit sa lumière,

La gloire dans Tobscurité !

La gloire, oiseau divin, phénix né de lui-même,

Qui vient tous les cent ans, nouveau, Se poser sur la terre et sur un nom qu*il aime. Et qu^on y voit mourir ainsi que son emblème. Mais dont nul ne sait le berceau !

Ne tMtonne donc pas qu'un ange d'harmonie

Tienne d'en-hant te réveiller, Souviens-toi de Jacob ! Les songes du génie Descendent sur des fronts qui n'ont dans Tinsomnie

Qu'une pierre pour oreiller !

Page 1