BANS L'OBSCURITÉ
Moi-même, plein des biens dont Populence abonde,
Que j^échangerais volontiers Cet or dont la fortune avec dédain m^inonde Pour une heure du temps où je n^avais au monde
Que ma vigne et que mes figuiers !
Pour ces songes divins qui chantaient dans mon âme.
Et que nul or ne peut payer, Pendapt que le soleil baissait, et que la flamme Que ma mère allumait ainsi qu'une humble femme
Eclairait son étroit foyer !
Et qu^assis autour d'elle à la table de hêtre
Que nous préparait son amour.
Nous rendions grâce à Dieu de ce repas champêtre, Riche des simples fruits que le champ faisait naître, Et d*un pain qui suffit au jour !
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no CONVERSATION.
Mais an Dieu qui donna la vie à mes accent,
Qui mel le trail sur Tare, et la flamme à rencene.
Fait un écho Tiyant de nos lèvres muettes,
Et dans nos cœurs fêlés verse ta eaux parfaites !
Ton cœur était Por pur caché dans le filon.
Qui n^attend pour briller que Pheure et le rayon;
La perle an fond des mers sous Fécaille captive,
Qu'un pécheur dans ^es rets amène sur la rive :
L^or ne doit point de grâce aux sondes du mineur.
Ni la perle aux filets; mais tous deux au Seigneur,
Dont le regard divin scrute la terre et Ponde,
Et dirige lui seul le filet ou la sonde !
Ainsi sa vérité ^attendait à son jour,
Et sa voix dans ta voix va parler à ton tour !
Oui, dût un froid mépris répondre à notre lyre.
Dût notre vérité se nommer un délire,
Dût notre âge, enivré des seuls soins d^ici-bas.
Sourire en nous disant : Je ne vous connais pas !
Semblables devant Thomme à ces hardis prophètes
Que la dérision conviait à ses fêtes.
Et qui, sur leurs tyrans lançant Pesprit divin.
Gravaient trois mots obscurs sur les murs du festin.
Répétons-lui toujours que Punivers est vide.
Que la vie est un flot que chasse un vent rapide,
Et qui doit nous porter à Pimmortalité
Ou se fondre en écume, en bruit, en vanité ;
Que tout but ici-bas est trompeur ou fragile,
Tout espoir abusé, tout mouvement stérile,
Que les rêves de Phomme et ses ambitions.
CONTERSATIOIL 991
La sagesse, 1«$ arU, le bras de« nations , Les efiPorts réunis des siècles et du inonde Ne peuvent retarder la mort d^une seconde, Faire avancer le jour d^une heure dans les airs, Où rebrousser le vent et Técume des mers l Que rhomme n^a reçu du seul maître suprême De puissance et dVmpire ici que sur lui<»mème, Et qnVn dépit du siècle il n^a dans ce bas lieu Qu^une œuvre : la vertu ; qu^une espérance : Dieu ! Ce sort est assez beau pour un peu de poussière ; 11 devrait consoler même un fils de lumière, De ne pouvoir changer les sentiers radieux De ces astres lointains, poussière aussi des cieux.
Et puisse alors celui que notre langue adore, Comme un soufDe vivant anime un bois sonore, Prêtant Pâme et la vie à nos pieux concerts.
De son souffle incréé diviniser nos vers , Nos vers morts, et formés de syllabes muettes, Si Dieu ne retentit dans la voix des poètes ! Leur donner ce qu^il a, puissance et vérité, Et ce que Phomme entend par immortalité !
C^est-à-dire un écho qui dure une seconde Sur cet atome obscur que nous nommons un monde, Semblable, hélas ! à peine au retentissement Qui, le soir, sous les bois se prolonge un moment, Quand, le pâtre brisant son chalumeau sonore. Du son qu^il n^entend plus Pair ému vibre encore ! Et même de ce prix ne soyons point jaloux !
Chantons, pour soulager ce qui gémit en nous !