‹ Harmonies poétiques et religieuses (volume 2)Chapitre 56 sur 96 · EST^ELLE TRISTE · texte numérisé non relu

EST^ELLE TRISTE

Et qu^est-ce qne la g^loîr^Mfn Tain «on répété, Une dérision de notr^^nité !

Un nom qui retentj^ sur des lèvres mortelles, Yain, trompeur, inconstant, périssable comme elles. Et qui, tantôt croissant et tantôt affaibli, Passe de bouche en bouche à l'éternel oubli ! Nectar empoisonné dont notre orgueil s'enivre. Qui fait mourir deux fois ce qui veut toujours vivre !

Et qu'est-ce que l'amour ? Ah ! prêt à le nommer

Ma bouche en le niant craindrait de blasphémer !

Lui seul est au-dessus de tout mot qui l'exprime !

Éclair brillant et pur du feu qui nous anime.

Étincelle ravie au grand foyer des cieux !

Char de feu qui, vivans, nous porte au rang des dieux !

Bayon ! foudre des sens ! inextinguible flamme

Qui fond deux cœurs mortels et n'en fait plus qu'une âme!

Il est!... il serait tout, s'il ne devait finir!

Si le cœur d*un mortel le pouvait contenir,

Ou si, semblable au feu dont Dieu fit son emblème !

Sa flamme en s'exhalant ne l'étouffait lui-même !

Mais quand ces biens que l'homme envie Déborderaient dans un. seul cœur, La mort seule au bout de la vie Fait un supplice du bonheur !

Le flot du temps qui nous entraine N'attend pas que la joie humaine Fleurisse long-temps sur son cours !

Race éphémère et fugitive

«8 P017RQU0I MOK ÂlS

Dftna notre paupière ébloniie Ce qu^îl resté après un beau jour!

Ce qn^il reste à la voile vide Quand le dernier vent quiia ride S*abat snr le flot assoupi, Ce quUl reste au chaume sauvage, Lorsque les ailes de Torage Sur la terre ont vidé. Tépi !

Et pourtant il faut vivr^ encore.

Dormir, s^éveiller tour à tour, £t traîner d^aurpre en aiigrore Ce fardeau renaissant des jours!

Quand on a bu jusqu^à la lie La coupe écumante de vie, > Ah ! la briser serait un .bien !

Espérer, attendre, c^est vivre!

Que sert de compter et de suivre Des jours qui n^apportent plus rien ?

Yoilà pourquoi mon âme est lasse Du vide affreux qui la remplit.

Pourquoi mon cœur change de place Comme un malade dans son lit !

Pourquoi mon errante pensée.

Comme une colombe blessée Ne se repose en. aucun lieu ; Pourquoi j^ai détourné la vue De cette terre ingrate et nue, Et j^ai dit à la fin : Mon Dieu !

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