EST^ELLE TRISTE
Et qu^est-ce qne la g^loîr^Mfn Tain «on répété, Une dérision de notr^^nité !
Un nom qui retentj^ sur des lèvres mortelles, Yain, trompeur, inconstant, périssable comme elles. Et qui, tantôt croissant et tantôt affaibli, Passe de bouche en bouche à l'éternel oubli ! Nectar empoisonné dont notre orgueil s'enivre. Qui fait mourir deux fois ce qui veut toujours vivre !
Et qu'est-ce que l'amour ? Ah ! prêt à le nommer
Ma bouche en le niant craindrait de blasphémer !
Lui seul est au-dessus de tout mot qui l'exprime !
Éclair brillant et pur du feu qui nous anime.
Étincelle ravie au grand foyer des cieux !
Char de feu qui, vivans, nous porte au rang des dieux !
Bayon ! foudre des sens ! inextinguible flamme
Qui fond deux cœurs mortels et n'en fait plus qu'une âme!
Il est!... il serait tout, s'il ne devait finir!
Si le cœur d*un mortel le pouvait contenir,
Ou si, semblable au feu dont Dieu fit son emblème !
Sa flamme en s'exhalant ne l'étouffait lui-même !
Mais quand ces biens que l'homme envie Déborderaient dans un. seul cœur, La mort seule au bout de la vie Fait un supplice du bonheur !
Le flot du temps qui nous entraine N'attend pas que la joie humaine Fleurisse long-temps sur son cours !
Race éphémère et fugitive
«8 P017RQU0I MOK ÂlS
Dftna notre paupière ébloniie Ce qu^îl resté après un beau jour!
Ce qn^il reste à la voile vide Quand le dernier vent quiia ride S*abat snr le flot assoupi, Ce quUl reste au chaume sauvage, Lorsque les ailes de Torage Sur la terre ont vidé. Tépi !
Et pourtant il faut vivr^ encore.
Dormir, s^éveiller tour à tour, £t traîner d^aurpre en aiigrore Ce fardeau renaissant des jours!
Quand on a bu jusqu^à la lie La coupe écumante de vie, > Ah ! la briser serait un .bien !
Espérer, attendre, c^est vivre!
Que sert de compter et de suivre Des jours qui n^apportent plus rien ?
Yoilà pourquoi mon âme est lasse Du vide affreux qui la remplit.
Pourquoi mon cœur change de place Comme un malade dans son lit !
Pourquoi mon errante pensée.
Comme une colombe blessée Ne se repose en. aucun lieu ; Pourquoi j^ai détourné la vue De cette terre ingrate et nue, Et j^ai dit à la fin : Mon Dieu !