‹ Harmonies poétiques et religieuses (volume 2)Chapitre 57 sur 96 · EST-ELLE TRISTE · texte numérisé non relu

EST-ELLE TRISTE

Comme un souffle dW vent d^orage Soulevant Phumble passereau, L^emporte au-dessus du nuage, Loin du toit qui fut son berceau, Sans même que son aile tremble.

L'aquilon le soutient; il. semble Bercé sur les vagues des airs ; Ainsi cette seule pensée Emporta son âme oppressée Jusqu'à la source des éclairs!

Cest Dieu, pensais-je, qui m^emporte, L'infini s^ouvre sous mes pas !

Que mon aile naissante est forte !

Quels cieux ne tenterons-nous pas ?

La foi même, un pied sur la terre, Monte de mystère en mystère Jusqu'où l'on monte sans mourir !

J'irai, plein de sa soif sublime, Me désaltérer dans l'abîme Que je ne verrai plus tarir !

J'ai cherché le Dieu que j'adore,

Partout où l'instinct m'a conduit,

Sous les voiles d'or de l'aurore

Chez les étoiles de la nuit ;

Le firmament n'a point de voûtes.

Les feux, les vents n'ont point de routes

Où mon œil n'ait plongé cent fois ;

Toujours présent à ma mémoire,

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