EST-ELLE TRISTE
Comme un souffle dW vent d^orage Soulevant Phumble passereau, L^emporte au-dessus du nuage, Loin du toit qui fut son berceau, Sans même que son aile tremble.
L'aquilon le soutient; il. semble Bercé sur les vagues des airs ; Ainsi cette seule pensée Emporta son âme oppressée Jusqu'à la source des éclairs!
Cest Dieu, pensais-je, qui m^emporte, L'infini s^ouvre sous mes pas !
Que mon aile naissante est forte !
Quels cieux ne tenterons-nous pas ?
La foi même, un pied sur la terre, Monte de mystère en mystère Jusqu'où l'on monte sans mourir !
J'irai, plein de sa soif sublime, Me désaltérer dans l'abîme Que je ne verrai plus tarir !
J'ai cherché le Dieu que j'adore,
Partout où l'instinct m'a conduit,
Sous les voiles d'or de l'aurore
Chez les étoiles de la nuit ;
Le firmament n'a point de voûtes.
Les feux, les vents n'ont point de routes
Où mon œil n'ait plongé cent fois ;
Toujours présent à ma mémoire,