‹ Harmonies poétiques et religieuses (volume 2)Chapitre 58 sur 96 · HO POURQCOI BON AMI · texte numérisé non relu

HO POURQCOI BON AMI

Partent où se montrait sa gloire.

Il entendait monter ma voix !

Je Pai cherché dans les merTeîUes, OEnvre parlante de ses mains, Dans la solitude et les veilles, Et dans les songes des humains !

L^épi, le brin d*herbe, Pinsecte, Me disaient : Adore et respecte !

Sa sagesse a passé par là !

Et ces catastrophes fatales, Dont rhistoire enfle ses annales.

Me criaient plus haut : Le voilà !

 chaque éclair, à chaque étoile Que je découvrais dans les cienx, Je croyais voir tomber le voile Qui le dérobait à mes yeux ; Je disais : Un mystère encore !

Yoici son ombre, son aurore, Mon âme ! il va paraître enfin î Et toujours, 6 triste pensée !

Toujours quelque lettre effacée Manquait, hélas ! au nom divin.

Et maintenant , dans ma misère, Je nVn sais pas plus que Fenfant Qui balbutie après sa mère Ce nom sublime et triomphant ; Je n*en sais pas plus que Taurore

EST-SLLE TRISTE. 241

^ui de 8on regard vient d^éclore,

Et le cherche en vain en tout lieu

Pas plus que toute la nature,

Qui le raconte et le murmure,

Et demande : Où donc est mon Dieu ?

Yoilà pourquoi mon âme est triste, Gomme une mer hrisantia nuit sur un écueil.

Comme la harpe du Psalmiste,

Quand il pleure au hord d^un cercueil !

Comme THoreh voilé sous un nuage sombre , Comme un ciel sans étoile, ou comme un jour sans ombre. Ou comme ce vieillard qu^on ne put consoler.

Qui, le cœur débordant d^une douleur farouche, Ne pouvait plus tarir la plainte sur sa bouche,

Et disait : Laissez-moi parler * !

Mais que dis-je? Est-ce toi, vérité, jour suprême?

Qui te caches sous ta splendeur ?

Ou nVst-ce pas mon œil qui s^est voilé lui-même

Sous les nuages de mon cœur ?

Ces enfans prosternés aux marches de ton temple. Ces humbles femmes, ces vieillards.

Leur âme te possède et leur œil te contemple. Ta gloire éclate à leurs regards !

Et moi, je plonge en vain sous tant d^ombr es funèbres, Ta splendeur se dérobe à moi !

* Job, «faap. xxt.

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