RÉPONSE A H. VICTOR HUGO
Je sommeillais sans rêve, Comme Écho dans mes bois ; Mais qu^une Toix s^éiève, Soudain la mienne achÔTe ; Un son me rend la voix.
Que celle qui m^éveille  de toucfaans concerts !
S44 LA KSTRÂITS.
Jamais à mon oreille Haurpe ou lyre pareille N'enchanta ces déserts,
Depuis rheure charmante Où le servant d^amour.
Sa harpe sous sa mante.
Venait pour une amante Soupirer sous la tour.
C^est la voix fraîche et pure D^un enfant des cités.
Qui, las de leur murmure, Demande à la nature Des jours plus abrités ;
Un toit où se repose LVmbre des bois épais.
Un ruisseau qui Tarrose Et le buisson de rose . Où Foiseau chante auprès !
L^uni forme habitude Qui lie au jour le jour.
Point de gloire ou d^étude.
Rien que la solitude, La prière et Tamour !
Ah ! ton rêve est un rêve, Âmi, ce rien est tout !
Ta vie a trop de sève ; Mais attends, Tâge enlève L^ivresse et le dégoût !
Plus, hélas ! sur là terre L^homme compte de jours ; Plus la route est sévère, £t plus le cœur resserre Sa vie et ses amours !
Fuis ces champs de bataille Où Pinsecte pensant S^agite et se travaille Autour d^nn brin de paille Qu^écrase le passant !
Je sais sur la colline Une blanche maison ; Un rocher la domine, Un buisson d^aubépine Est tout son horizon.
Là jamais ne s^élève Bruit qui fasse penser j Jusqu^à ce quUl s^achôve On peut mener son rêve Et le recommencer.
Le clocher du village
Surmonte ce séjour,
Sa voix comme un hommage
ai.
f46 LA RETRAITE.
Monte au premier nuage Que colore le jour !
Signal de la prière, Elle part du saint lieu, Appelant la première Uenfant de la chaumière A la maison de Dieu !
Aux sons que Técho roule Le long des églantiers Vous voyez Thumble foule Qui serpente et s^écoule Dans les pieux sentiers ;
G^est la pauvre orpheline Pour qui le jour est court.
Qui déroule et termine Pendant qu^etle chemine Son fuseau déjà lourd ;
G^est Paveugle que guide Ge mur accoutumé, Le mendiant timide Et dont la main dévide Son rosaire enfumé ;
G^est Tenfant qui caresse En passant chaque fleur.
Le vieillard qui se presse :
L^enfance et la vieillesse SoD tamis du Seigneur !
La fenêtre est tournée Vers le champ des tombeaux, Où rherbe moutonnée Couvre après la journée Le sommeil des hameaux..
Plus d^une fleur nuance Ce voile du sommeil ; Là tout fut innocence.
Là tout dit : Espérance !
Tout parle de réveil !
Mon œil, quand il y tombe.
Voit Pamoureux oiseau Voler de tombe en tombe.
Ainsi que la colombe Qui porta le rameau,
Ou quelque pauvre veuve.
Aux longs rayons du soii, Sur une pierre neuve.
Signe de son épreuve, S^agenouiller, s^asseoir ;
Et Pespoir sur la bouche, Contempler du tombeau.
Sous les cyprès qu^il touche.
Le soleil qui se couche Pour se lever plus beau.
Paix et mélancolie Veillent là près des morts.
Et rame recueillie Des vagues de la vie Croit y toucher les bords !