‹ Harmonies poétiques et religieuses (volume 2)Chapitre 67 sur 96 · HYMNE DE LA MORT · texte numérisé non relu

HYMNE DE LA MORT

Ame à Fespérance infidèle !

Tu démentirais tant de jours, Tant de nuits, passés à te dire, Je vis, je languis, je soupire !

Ah! mourons pour vivre toujours!

Oui, tu meurs ! déjà ta dépouille De la terre subit les lois , Et de la fange qui te souille Déjà tu ne sens plus le poids ; Sentir ce vil poids c^était vivre ?

Et le moment qui te délivre, Les hommes rappellent mourir !

Tel un esclave libre à peine Croit qu^on emporte avec sa chaîne Ses bras qu^il ne sent plus souffrir !

Ah ! laisse aux sens, à la matière, Ces illusions du tombeau !

Toi, crois-en à ta vie entière, A la foi qui fut ton flambeau !

Crois-en à cette soif sublime, A ce pressentiment intime Qui se sent survivre après toi !

Meurs, mon âme, avec assurance; L^amour, la vertu, Tespérance, En savent plus qu^un jour d^effroi !

Qu^était-ce que ta vie? Exil, ennui, souffrance. Un holocauste à Tespérance,

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