HYMNE DB LA MORT
Un long acte de foi chaque jour répété !
Tandis que Pinsensé buTait à plein calice, Tu versais à tes pieds ta coupe en sacrifice. Et tu disais : Ta\ soif, mais d^immortalité !
Tu Tas boire à la source vive D^où coulerft les temps et les jours, Océan sans fond et sans ritre, Toujours plein, débordant toujours !
L^astre que tu vas voir éclore fie mesure plus par aurore La vie, hélas ! prête à tarir, Comme Pastre de nos demeures Qui n^ajoute au présent des heures Qu^en retranchant à Pavenir !
Oublie un monde qui s^efiface, Oublie une obscure prison.
Que ton regard privé d^espace Découvre enfin son horizon !
Vois-tu ces voûtes azurées Dont les arches démesurées . S^entr^ouvrent pour s^étendre encor?
Bientôt leur courbe incalculable Te sera ce qu^un grain de sable Est au vol brûlant du condor !
Tu vas voir la céleste armée Déployer ses orbes sans fin, Comme une poussière animée
964 HTBnfl DE hk MORT.
Qu^agtte le souffle divin !
Ces doux soleils doot ta paupière
Devinait de loin la lumière
Vont s^épanouir sous tes yeux,
£t chacun d^eux dans son langage
Va te saluer au passage
Du grand nom que chantent les cienx !
Tu leur demanderas les rêves Que ton cœur élançait vers eux , Pendant ces nuits où tu te lèves Pour te pénétrer de leurs feux !
Tu leur demanderas les traces Des êtres chéris dont les places Restèrent vides ici-bas, Et tu sauras sur quelle flamme Leur âme arrachée à ton âme En montant imprima ses pas !
Tu verras quels êtres habitent Ces palais flottans de Féther Qui nagent, volent, ou palpitent, Enfans de la flamme ou de Pair, Chœurs qui chantent, voix qui bénissent, Miroirs de feu qui réfléchissent, Ailes qui voilent Jéhova !
Poudre vivante de ce temple.
Dont chaque atome le contemple, L^adore et lui crie : Hosanna !
Dans ce pur océan de vie
HTHNE DE JLA HO&T. S05
Bouillonnant de joie et d'amour, La mort ya te plonger ravie Gomme une étincelle au grand jour I Son flux vers réternelle aurore Va te porter y obscure encore.
Jusqu'à Tastre qui toujours luit.
Gomme un flot que la mer soulève Bx>ule aux bords où le jour se lève Sa brillante écume, et s'enfuit!
Détestais-tu la tyrannie, Adorais-tu la liberté, De l'oppression impunie Ton œil était-il révolté 3 Avais-tu soif de la justice.
Horreur du mal, honte du vice; Versais-tu des larmes de sang Quand l'imposture ou la bassesse Livraient l'innocente faiblesse Aux serres du crime puissant ;
Sentais-tu la lutte éternelle Du bonheur et de la vertu.
Et la lutte eocor plus cruelle Du cœur par le cœur combattu ; Rougissais-tu de ce nom d'homme Dont le ciel rit, quand l'orgueil nomme Gette machine à deux ressorts, L'un de boue et l'autre de flamme.
Trop avili s'il n'est qu'une âme.
Trop sublime s'il n'est qu'an corps;