‹ Harmonies poétiques et religieuses (volume 2)Chapitre 7 sur 96 · HYMNE D0 MATIN. VU · texte numérisé non relu

HYMNE D0 MATIN. VU

Voix qni volez sur les ailes dtt vent, ChaDtres des airs que Vinstinct seul éveille^ Joyeux concerts, léger gazouillement, Plaintes, accords, tendre roucoulement, Qui chantez-Yous pendant que tout sommeille ?

La nuit a-t-elle une oreille

Digne de ce chœur charmant?

Attendez que Pombre meure, Oiseaux, ne chantez qu^à Theure Où Taube naissante effleure Les neiges du mont lointain.

Dans rhymne de la nature, Seigneur, chaque créature Forme à son heure en mesure Un son du concert divin ; Oiseaux, voix céleste et pure.

Soyez le premier murmure Que Dieu reçoit du matin.

Et moi sur qui la nuit verse un divin dictame. Qui sous le poids des jours courbe un front abattu, Quel instinct de bonheur me réveille ? mon âme. Pourquoi me réjouis-tu ?

Cest que le ciel sVntr^ouvre ainsi qu^une paupière , Quand des vapeurs des nuits les regards sont couverts; Dans les sentiers de pourpre aux pas du jour ouverts

Les monts, les flots, les déserts

Ont pressenti la lumière,

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Et son axe de flamme, aux bords de sa carrtôre. Tourne, et creuse déjà son éclatante ornière, Sur rhorizon roulant des mers.

Chaque être s^écrie :

C^est lui, c^est le jour !

G*est lui, c^estlavie!

C'est lui, c'est l'amour.

Dans l'ombre assoupie Le ciel se replie Comme un pavillon ; Roulant son image, Le léger nuage Monte, flotte et nage Dans son tourbillon ; La nue orageuse Se fend et lui creuse Sa pourpre écumeuse En brillant sillon; Il avance, il foule Ce chaos qui roule Ses flots égarés ; L'espace étincelle, La flamme ruisselle Sous ses pieds sacrés; La terre encor sombre Lui tourne dans l'ombre Ses flancs altérés ; L'ombre est adoucie, Les flots éclairés ;

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Des monts colorés La cime est jaunie; Des rayons dorés Tout reçoit la pluie ; Tout vit, tout s^écrie :

G^est lui, c'est le jour!

C'est lui, c'est la vie !

C'est lui, c'est l'amour !

Dieu, Tois dans les airs ! Taigle éperdu s'élance

Dans l'abîme éclatant des cieux ; Sous les vagues de feu que bat son aile immense, Il lutte avec les vents, il plane, il se balance ^ L*écume du soleil l'enveloppe à nos yeux :

Est-il allé porter jusques en ta présence Des airs dont il est roi le sublime silence Ou l'hommage mystérieux ?

Dieu, vois sur les mers ! le regard de l'aurore £nfle le sein dormant de TOcéan sonore, Qui, comme un cœur d'amour ou de joie oppressé, Presse le mouvement de son flot cadencé,

Et dans ses lames garde encore Le sombre azur du ciel que la nuit a laissé ; Comme un léger sillon qui se creuse et frissonne Dans un champ où la brise a balancé l'épi, Un fiot naît d'une ride ; il murmure, il sillonne L'azur muet encor de l'abîme assoupi ; Il roule sur lui-même, il s'alonge, il s'abîme;

Le regard le perd un moment :

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