TROISIÈME
Sa tkiix ijumatne*
A MADAHE DE B***.
Oui, je le crois quand je t^écoute, L^harmonîe est Pâme des cieux !
Et ces mondes flottans où s^élancent nos yeux Sont suspendus sans chaîne à leur brillante voûte, Réglés dans leur mesure et guidés dans leur route Par des accords mélodieux !
L^antiquité Ta dit : et souvent son génie Entendit dans la nuit leur lointaine harmonie }
Je Fentends près de toi ; ces astres du matia, Qui sèment de leurs lis les sentiers de Taurore, Saturne, enveloppé de son aniieau lointain, Vénus, que sous leurs pas les ombres font éclore. Ces phases, ces aspects, ces chœurs, ces nœuds divers. Ces globes attirés, ces sphères cadencées, Ces évolutions des soleils dans les airs, Sont les notes de feu par Di^a même tracées De ces mystérieux concerts !
Et pourquoi Fharmonie à ces globes de flamme Ne peut-elle imposer ses ravissantes lois ?
Quand tu peux, à ton gré, d*un accord de ta voix Ralentir ou presser les mouvemens de Tâme, Comme la corde d^or qui vibre sous tes doigts !
Quand tes chants, dans les airs s^exhalant en mesure,
Coulent de soupir en soupir.
Comme des flots brillans d'une urne qui murmure,
Sans altérer et sans tarir !
Qaand tes accords, liés en notes accouplées, Comme une chaîne dW, par ses chaînons égaux.
Se déroulent sans fin en cadences perlées.
Sans qu^on puisse en briser les flexibles anneaux ;
Quand tes accords, vibres en sons courts et rapides. Tombent de tes lèvres limpides.
Comme autant de grains de cristal, Ou comme des perles solides.
Qui résonnent sur le métal !
Quand Pamour dans ta voix soupire.
Quand la haine y gémit des coups qu^elle a frappés. Quand frémit le courroux, quand la langueur expire. Quand la douleur s'y brise en sons entrecoupés, Quand ta voix s^amollit et lutte avec la lyre. Ou que Fenthousiasme, empruntant tes aooens, Emporte jusqu'aux cieux, sur Taile du délire ,
Mille âmes qui u^ont plus qu*un sens !
Notre oreille enchaînée au son qui la captive. Voudrait éterniser la note fugitive ; Et rame palpitante, asservie à tes chants, Cette âme que ta voix possède tout entière,
Tobéit comme la poussière Obéit, dans Forage, aux caprices des vents !
Gomment Pair modulé par la fibre sonore Peut*il créer en nous ces sublimes transports? Pourquoi le cœur suit-il un son qui s^évapore? Ah ! c'est qu'il est une âme au fond de ces accords !
C'est que cette âme répandue Dans chacun des accens par ta voix modulé, Par la voix de nos cœurs est soudain répondue, Avant que le doux son soit encore écoulé ; Et que, semblable au son qui dans un temple éveille Mille échos assoupis qui parlent à la fois, Ton âme dont Pécho vibre dans chaque oreille.
Va créer une âme pareille
Partout où retentit ta voix!
Afa! quand des nuits d^été Fombre enfin rembrunie Tient assoupir Toreille et reposer les yeux, Lorsque le rossignol enivré d^barmonie Dort, et rend le silence aux bois mélodieux ; Quand des astres du ciel, seul et fuyant la foule, L^astre qui fait rêver se dégage à demi, £t que Tœil amoureux suit le fleuve qui roule Un disque renversé dans son flot endormi; Viens chanter sous le dôme où le cygne prélude, Viens chanter aux lueurs des célestes flambeaux,
Viens chanter pour la solitude :
Consacrés à la nuit, tes chants seront plus beaux ! Pour la foule et le jour ta voix est trop sublime. Réserve à la douleur tes airs les plus touchans, N^exhale qu^à ton Dieu le souffle qui t^anime : La plainte et la prière ont inventé les chants !
A ces sons plus puissans que la froide parole, Dans Tœil humide encor tu vois les pleurs tarir. Le regret s^attendrit, la douleur se console, L^espérance descend, Tamertume s^envole.
Le cœur long-temps fermé s^ouvre par un soupir ; L^athée à son insu soulève sa paupière , La bouche d^où jamais ne jaillit la prière Murmure un nom divin pour la première fois.
Et des anges des nuits les voix mystérieuses. Et les brùians soupirs de ces âmes pieuses QuMci-bas de la vie enchaîne encor le poids.
Sur des ailes mélodieuses An ciel qu'ouvrent tes chants, montent avec la voix!
QUATBliMB
tt prtmxtr four it V^nnit*
Des momens les heures sont nées, Et les heures forment les jours, Et les jours forment les années Dont le siècle grossit son cours !
Mais toi seul, ô mon Dieu, par siècles tu mesures Ce temps qui sous tes mains coule éternellement ! L^homme compte par jours; tes courtes créatures Pour naître et pour mourir ont assez d^un moment !