POUR LES GRECS. S
Des auteU à Délos ! des autels sur Égine !
Des autels à Platée, à Leoctre, à Marathon !
Des autels sur la grève où pleure Salamine !
Des autels sur le cap où méditait Platon !
Les prêtres ont conduit le long de leurs rivages Des femmes, des vieillards qui t^invoquaient en chœurs ,
Des enfans jetant des fleurs
Devant les saintes images, Et des veuves en deuil qui cachaient leurs visages
Dans leurs mains pleines de pleurs !
Le bois de leurs vaisseaux, leurs rochers, leurs murailles Les ont livrés vivans à leurs persécuteurs, Leurs tètes ont roulé sons les pieds des vainqueurs, Gomme des boulets morts sur les champs de batailles; Les bourreaux ont plongé la main dans leurs entrailles ; Hais ni le fer brûlant, Seigneur, ni les tenailles, N^ont pu t^arracher de leurs cœurs !
Et que disent, Seigneur, ces nations armées Contre ce nom sacré que tu ne vengea pas ?
Tu n^es plus le Dieu des armées !
Tu n^es plus le Dieu des combats !