‹ Harmonies poétiques et religieusesChapitre 102 sur 104 · A UNE JEUNE POLONAISE · texte numérisé non relu

A UNE JEUNE POLONAISE

MADEMOISELLE MICH ATOWSK A .

Le cygne dans son lac contemple son image, L'éclair se réfléchit dans sa propre clarté; Le ciel dans l'Océan, et Dieu dans son ouvrage, Et nous dans la postérité.

Dans la postérité, froide et pale interprète, Miroir terne et glacé comme vos lacs du Nord ! Qu'importe son éclat et son prisme au poëte? Il ne réfléchit que la mort !

Mais dans un cœur vivant se contempler soi-même; Mais dans l'œil d'une vierge, où l'amitié vous luit, Découvrir tout à coup un regard qui vous aime, Comme une étoile dans nuit !

Mais se dire : « Au milieu de la tempête humaine, Dans un point lumineux de 1' immense horizon, Contre la calomnie et l'injure et la haine Il est un ahri pour mon nom !

« Il est au moins un cœur où ma harpe résonne, Où mes soupirs secrets comme au ciel sont compris^ Où ma voix retentit, où mon âme rayonne... » Ah ! du barde voilà le prix !

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