AVERTISSEMENT
visiter par une muse solitaire comme eux , trouver une sympathie dans ses accords, et dire quelquefois en l'écoutant : « Nous prions avec tes paroles , nous pleurons avec tes larmes, nous invoquons avec tes chants! »
C'est à eux seuls que ces vers s'adressent. Le monde n'en a pas besoin : il a ses soins et ses pensées. Mais si quelques-uns de ces esprits qui ne sont plus au monde répondent en secret à mes trop faibles accents ; si quelques-uns de ces cœurs arides s'ouvrent et retrouvent une larme; si quelques âmes sensibles et pieuses me comprennent, me devinent, et achèvent en elles-mêmes les hymnes que je n'ai Mt qu'ébaucher, c'est assez, c'est tout ce que j'aurai voulu obtenir, c'est plus que je n'ose espérer!
Paris, mai 1830.
Toi qui donnas sa voix à l'oiseau de l'aurore, Pour chanter dans le ciel l'hymne naissant du jour; Toi qui donnas son âme et son gosier sonore A l'oiseau que le soir entend gémir d'amour;
Toi qui dis aux forêts : « Répondez au zéphire ! » Aux ruisseaux : « Murmurez d'harmonieux accords ! » Aux torrents : « Mugissez! » à la brise : « Soupire ! » A l'Océan : « Gémis en mourant sur tes bords! »