‹ Harmonies poétiques et religieusesChapitre 20 sur 104 · MO HARMONIES POÉTIQUES · texte numérisé non relu

MO HARMONIES POÉTIQUES

cascades. J'avais passé moi-même bien des heures de mon enfance et de ma jeunesse au bord de ces gouffres , à respirer la fraîcheur et à aspirer les éblouissements. Il me sembla que cette catastrophe enlevait un de ses joyaux à la couronne de l'Italie ; qu'il allait se faire un silence de plus dans la campagne silencieuse de Rome. J'écrivis ces vers avec le cœur d'un Italien; et comme j'avais contristé, un an ou deux avant, cette terre, je profitai avec empressement de cette circonstance pour me réconcilier avec elle :

Italie ! Italie ! ah ! pleure tes collines ,

Où l'histoire du monde est écrite en ruines !

Je les adressai à un des hommes les plus lettrés , les plus patriotes , les plus excellents de l'Italie , le marquis Tancredo de Barollo, de Turin. Le marquis de Barol était mon ami; il avait épousé une Française d'une famille , d'une beauté , d'un esprit et d'une vertu supérieurs. Mme de Barol a consacré, depuis la mort de son mari , son génie pieux à Dieu , et son immense fortune à la charité. Silvio Pellico , le grand poëte captivité et de la résignation, vit maintenant auprès de cette sainte femme , et il l'assiste dans ses œuvres de soulagement des prisonniers.

Page 1