‹ Harmonies poétiques et religieusesChapitre 86 sur 104 · A MME DE S BORDE S -VAL MORE · texte numérisé non relu

A MME DE S BORDE S -VAL MORE

La vague, d'aurore en aurore, Comme elle te ballotte encore Sur un océan incertain !

Tu ne bâtis ton nid d'argile Que sous le toit du passager ; Et, comme l'oiseau sans asile, Tu vas glanant de ville en ville Les miettes du pain étranger.

Ta voix enseigne avec tristesse Des airs de fêté à tes petits, Pour qu'attendri de leur faiblesse L'oiseleur les épargne, et laisse Grandir leurs plumes dans les nids !

Mais l'oiseau que ta voix imite T'a prêté sa plainte et ses chants , Et, plus le vent du nord agite La branche où ton malheur s'abrite t Plus ton âme a des cris touchants !

Du poëte c'est le mystère :

Le luthier qui crée une voix

Jette son instrument à terre,

Foule aux pieds , brise comme un verré

L'œuvre chantante de ses doigts;

Puis, d'une main que l'air inspire Rajustant ces fragments meurtris,

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