‹ Harmonies poétiques et religieusesChapitre 85 sur 104 · A MME DESBORDES-VALMORE · texte numérisé non relu

A MME DESBORDES-VALMORE

La vaste mer est son empire , Son horizon n'a qu'un sourire, Et l'univers est devant lui ! »

Mais, d'une humble voile sur Tonde Si je distinguais la blancheur, Esquif que chaque lame inonde , Seule demeure qu'ait au monde Le foyer flottant du pécheur;

Lorsqu'au soir sur la vague brune , La suivant du cœur et de l'œil, Je m'attachais à sa fortune , Et priais les vents et la lune De la défendre de Pécueil :

Sous une voile, dont l'orage En lambeaux déroulait les plis, Je voyais le frêle équipage Disputer son mât qui surnage Aux coups des vents et du roulis.

Debout, le père de famille Labourait les flots divisés, Le fils manœuvrait, et la fille Recousait avec son aiguille La voile ou les filets usés.

Des enfants accroupis sur l'être Soufflaient la cendre du matin;

A MMB DESBORDES- VA LMOKIi.

Et déjà la flamme bleuâtre Égayait le couple folâtre De l'espoir d'un frugal festin.

Appuyée au mât qui chancelle, Et que sa main tient embrassé, La mère les couvait de l'aile, Et suspendait à sa mamelle Le plus jeune à son cou bercé.

« Ils n'ont, disais-je, dans la vie Que cette tente et ces trésors ; Ces trois planches sont leur patrie, Et cette terre en vain chérie Les repousse de tous ses bords !

« En vain de palais et d'ombrage Ce golfe immense est couronné.

Ils n'ont pour tenir au rivage Que l'anneau rongé par l'orage De quelque môle abandonné !

« Ils n'ont pour fortune et pour joie Que les refrains de leurs couplets, L'ombre que la voile déploie , La brise que Dieu leur envoie, Et ce qui tombe des filets ! »

Cette pauvre barque, ô Valmore, Est l'image de ton destin, ni. Tô

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