A UNE JEUNE PERSONNE
Notre àme se consume en inutile effort : Le destin n'a pour tous qu'une même réponse, L'oubli, le silence et la mort!
Ne soulève donc plus, ô jeune prophétesse, Le rideau dont la vie aime à s'environner. Chaque heure apporte un rêve et trompe une promesse ; Ne tresse plus d'erreurs pour nous en couronner! Mais si tu veux encor qu'à l'oracle on s'adresse, Ne prédis de bonheur, ô jeune prophétesse, Que celui que tu peux donner !
LE RETOUR
Vallon rempli de mes accords ,
Ruisseau dont mes pleurs troublaient l'onde ,
Prés, colline, forêt profonde,
Oiseaux qui chantiez sur ces bords !
Zéphyr qu'embaumait son haleine, Sentiers où sa main tant de fois M'entraînait à l'ombre des bois, Où l'habitude me ramène!
Le temps n'est plus ! mon œil glacé , Qui vous cherche à travers ses larmes,
LE RETOUR
A vos bords , jadis pleins de charme , Redemande en vain le passé!
La terre est pourtant aussi belle, Le ciel aussi pur que jamais !
Ah! je le vois, ce que j'aimais, Ce n'était pas vous, c'était elle!