RÉPONSE A UN VIEIL AML
A M. RONOT,
Non, le temps en vain accumule
Tant de jours flétris sous mes pas;
Mon cœur où tant de feu circule
Se dépouille et ne vieillit pas.
En vain, dans mon fil qu'il déroule
Le sort mêle joie et malheurs;
En vain mon eau pure s'écoule
Avec l'amertume des pleurs;
En vain le gazon que je foule,
La feuille qui sous mon pied roule,
Me renouvelant mes douleurs,
Me disent d'oublier la foule
Pour chercher ce que j'aime ailleurs!