TU NE LES AURAS PAS.... JE LES AURAI
On raconte que l’abbé Mailloux, le grand apôtre de la tempérance dans le district de Québec il y a 40 ans, un jour qu’il prêchait la tempérance dans une paroisse d’en bas, se rendit du sanctuaire à la chaire en répétant d’une grande voix ces paroles :
— Tu ne les auras pas!
— Je les aurai!
— Non, tu ne les auras pas!
— Oui, je les aurai!
Imaginez si les fidèles se regardaient et s’ils regardaient LÉ Diédicaleur....
Quand celui-ci fut rendu en chaire il reprit: Tu ne les auras DAS... Je les aurai... Non! Out, je les auraï...:.
Eh bien! dit-il, après un moment de silence effrayant, je vois que vous êtes étonnés ? et que vous vous demandez avec angoisse si l’abbé Mailloux n’a pas perdu la tête.... Soyez
rassurés. Ces paroles qui vous ont stupéfiés, elles ont été pro-
noncées ici-même, il y a trois jours.
| Comme je mettais le pied sur la grève, soudain le diable se présenta à moi, bien encorné, bien queuté et les pieds fourchus.
— Mailloux, dit-il, va-t'en. Laisse-moi cette paroisse.
— Misérable, que dis-tu ? te laisser ces pauvres gens? je viens les enlever au nom du Christ, à l’infernale domination de l’ivrognerie.
. — Eh bien, tu ne les auras pas.
— Je les aurai.
— Non, tu ne les auras pas!
— Je te dis que je les aurai, avec la grâce du bon Dieu. Et décampe, au nom du signe sacré de la Croix!
N'est-ce là qu’une double légende? c’est plus que proba- Din
Dans tous les cas, elle symbolise admirablement le combat qui se livre dans une paroisse entre le diable et le missionnaire, quand celui-ci s’en vient détrôner et déloger le démon de la boisson.
Ne vous semble-t-il pas qu'elle symbolise aussi ce qui se passe en ce moment entre le missionnaire qui vous exhorte par cet écrit à demeurer sobres, et le cabaleur qui, vous poussant à boire, veut détruire l’œuvre du missionnaire ?
— Va-t'en, dit ce cabaleur. Laisse-moi la paix avec ta Société de tempérance; je m'en moque. Moi, je veux que ces électeurs votent pour mon candidat, et si pour les y amener il faut que je les noie de boisson, je les noïerai de boisson.
— Misérable! tu te moques de la Société de tempérance ? tu te moques de la promesse sacrée de ses membres ? tu te-moques des conséquences terribles qu’entraînerait pour eux leur infidélité ? tu te moques de la paix et du bonheur des familles ? Non, misérable, ces braves gens ne boiront pas!
— Jis boiront!
— Non, ils ne boiront pas.
— Je te dis qu'ils boiront.
— Non, non, non!
Mes amis, lequel se trompe, de ce cabaleur ou de l’homme de Dieu ?
Auquel ferez-vous plaisir ?
Boirez-vous, ou ne boirez-vous pas?
Le cabaleur, vous aura-t-il, ou bien le missionnaire ?
À vous de répondre, après vous être mis sous le regard de Dieu, au pied de votre Croix de tempérance......