Haute-Combe
GENTILHOMME DE LA CHAMBRE DE S. M. LE ROI, PREMIER SECRETAIRE EN DE L’ORDRE DES SS. MAURICE ET LAZARE, CHEVALIER DE l’oRDRE MILITAIRE DE SAVOIE, GRAND-CROIX DE L’ORDRE DE S. GRÉGOIRE ET CHEVALIER DE I.’ORDRE DU CHRIST EN DIAMANTS , COMMANDEUR DE I.’oRDRE IMPÉRIAL DE LÉOPOLD D’AUTRICHE ET CHEVALIER DEPREMIÉRE CLASSE DE L ORDRE DU MÉRITE CIVILDE S. LOUIS DE LUCQUES.
Excellence
Elle est magnanime et touchante la
pensée de cette Heine, qui pour tromper sa propre douleur, consacre tous ses soins à immortaliser encore la mémoire de son Epoux; à sa voix les beaux-arts, les sciences et la poésie ont tour-à-tour payé un juste hommage de regret et d’admiration aux vertus du Roi Charles Félix. Me
permettrez-vous, en transmettant à Votre Excellence mon Poème sur Haute-Combe , de vous prier de déposer aux pieds de S. M. la Reine Marie Christine le tribut de ma respectueuse gratitude pour la flatteuse mission dont Elle daigna me charger, par l’entremise de Votre Excellence, en me confiant le soin douloureux et sacré de rappeler dans mes chants les derniers moments de son illustre Epoux.
J’ai compris toute l’importance d’une pareille tâche, car si la flatterie encense souvent la puissance, la vérité seule doit retentir sur un tombeau ; d’ailleurs^ ma voix devait être l’écho des sentiments d’une grande Reine et des regrets d’un peuple entier; heureuse si j’ai pu justifier, du moins par mon dévouement, l’honorable
confiance de S. M. la Reine Marie Christine, et fière aussi , je l’avoue, si j’ai su répondre dignement à l’attente de Votre Excellence, dont le jugement est un arrêt en matière d’arts et de littérature. Vous reconnaîtrez souvent dans ceschants une réminiscence de vos propres sentiments, car je dois beaucoup aux détails que vous avez daigné me donner sur les vertus privées du Roi Charles Félix.
M on ouvrage est moins un poème qu’une rêverie vague et mélancolique, s’inspirant de souvenirs et d’émotions.
En poème exigerait une action que le sujet que j’ai traité ne pouvait admettre. Aucun fait mémorable 11e se rattachant à l’histoire d’Haute-Combe , mais son antique origine se confondant avec celle de
la Maison Royale de Savoie, les tombes de ces premiers Princes qu’elle renferme, sa dévastation pendant le règne sanglant de la terreur, sa restauration commencée par Charles Félix et si dignement achevée par son Auguste Veuve, tout a fait de cette Abbaye un monument national, auquel s’identifient des souvenirs historiques et religieux; sous ce point de vue, mon ouvrage avait aussi un but utile, celui de populariser par les formes de la poésie les fastes glorieux de la Maison de Savoie. Tel fut le vœu que m’exprima Votre Excellence et auquel j’ai tenté de me conformer, car j’ai toujours considéré comme le premier devoir de l’écrivain, de s’inspirer aux souvenirs historiques, glorieuses annales de la patrie où les
jeunes générations viennent puiser l’ainonr île la vertu.
« Que la patrie et Dieu fassent vibrer (a lyre , »
ai-je dit quelque part, c’est sous l’inspiration de ces deux sentiments sacrés que j’ai écrit cet ouvrage; puisse-t-il, en témoignant de ma vénération et de mon respect pour S. M.la Reine Marie Christine, rappeler aussi à Votre Excellence l’empressement avec lequel j’ai taché de mériter votre indulgence et votre approbation.
J’ai l’honneur d’étre avec le plus profond respect
De Votre Excellence