‹ Haute-CombeChapitre 28 sur 32 · I.ES ENFANTS · texte numérisé non relu

I.ES ENFANTS

O Dieu, Toi qu’adore mon père,

Qu’on nous fait nommer à genoux !

O Toi, que chaque soir ma mère,

En tremblant, implore pour nous;

Toi qui donnes à l’hirondeïle Le grain pour nourrir ses petits,

L'herbe fraîche à l’agneau qui bêle El sa blanche parure au lys;

TRIPOLI

Toi, dont nos frères, les beaux anges, Que nous entendons sans les voir, Nous chantent, tout bas, les louanges Quand nous nous endormons le soir;

O Toi, qui chérissais l’enfance,

El qui disais: Venez vers moi,

Chers petits, car votre innocence Vous a rapprochés de la loi.

O bon Jésus, que ta parole Ne s’efface pas de nos cœurs !

En roi, dit-on, au ciel s’envole, Nos pères en versent des pleurs!

Mais un prince pieux et sage Règne pour le bonheur de tous; Ses enfants, dit-on, ont notre âge, Ils sont des Anges comme nous !

O Seigneur, fais nous croître ensemble, Blanches fleurs du même rosier !

Et qu’un jour la voix nous rassemble,

Si I on jelte un appel guerrier;

CHANT DIXIEME

Oui, nous mourrons sous la bannière, Qui flotta sur notre berceau;

Heureux à notre heure dernière D’embrasser encor ce drapeau.

CHOEUR DES ANGES

« Sur le parfum des fleurs, douces voix de l’enfance, « Comme un souffle embaumé, montez vers l 'Eternel; « Chaste et divin encens impreigné d’innocence,

« Allez, chants virginals, allez, allez au ciel.

« Mais leur prière sainte et pure « De son cantique universel,

« Paraît animer la nature « Par un pouvoir surnaturel ,

« El de chaque fleur demi-close « Semble sortir un chant d’amour, «Et du beau lys jusqu’à la rose « La voix s’élève tour-à-lour.

TRIPOLI

« Elle le dit: Seigneur, noire blanche corolle « Que le souffle des vents en passant vient flétrir,

« Est moins fragile encor, que la chaste auréole « Que sur un front d’enfant un seul mot peut ternir.

« Elle dit : que ces jeunes âmes « Croissent à l’ombre de ta main;

« Ecarte les pièges infâmes « Qui pourraient border leur chemin.

« Seigneur, parmi toutes ces vies « Qui prennent à peine l'essor,

« Veille sur les têtes chéries « De Ferdusam) et de Victor !

CHOEUR DES VEUVES ET DES ORPHELIiNS

O Dieu! Félix n est plus! et la perte du juste Vint jeter dans nos seins une morne torpeur;

Quoi! la mort, disions-nous, frappa ce Prince auguste! De l’avenir nous avions peur!

C11ANT DIXIEME

Qui viendra? disions-nous, d'une main secourable Chasser de nos grabats et le froid et la faim?

Qui? de vêtements chauds couvrant le misérable Hélas lui donnera du pain?

Une femme presque divine Reine ici bas et sainte au Ciel ;

Les hommes la nomment Christine,

Et les Anges de l’Eternel L’appellent tous leur sœur chérie;

C’est elle qui par ses bienfaits Au bonheur rendant notre vie Nous donne l’espoir et la paix.

L ardente charité, cet Ange de la terre,

La fait toujours voler au devant du malheur,

Et du cachot infect à la pauvre chaumière Partout où gémit la douleur.

On la voit accourir pieuse et consolante;

Ses mains ont révètu la veuve et P orphelin;

Et souvent le mourant sur sa couche brûlante, Crut voir en elle un Séraphin.

TRIPOLI

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