FIN DU CIIANT PREMIER
CHANT SECOND
L’ABBAYE
(jrénéreuse Savoie! o contrée héroïque Que la Gloire a couvert d’un voile poétique; Nid de notre aigle allier, à ton nom éclatant, Soudain ma harpe jette un accord palpitant; J'aime à me rappeler ce fidèle courage,
Cet amour pour nos rois, chaste et saint hérit Sentiment noble et pur que depuis lmit-cents Les pères ont transmis intact à leurs enfants; J’aime à me rappeler celte franchise austère, De l’homme primitif sublime caractère,
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ans
L ABBAYE
Quand la société d'un doigt nivélateur N’en a point décimé la native grandeur.
Oui! pour en retrouver encor la noble image,
Il faut ces monts empreints d’une beauté sauvage, Dont le vice n’a point souillé l’air virginal,
De la création vieux berceau colossal,
Que semble avoir brisé jadis la main féconde Qui des blocs du chaos a su tailler le monde.
Ces débris couronnés par d’éternels frimats,
Que n’a jamais foulé la trace de nos pas, Gigantesques éclats des arêtes du globe;
Monuments d’un passé que le tems nous dérobe, L’homme en vous contemplant recule épouvanté
Comme écrasé du poids de votre éternité .
Vos pieds jetant au loin leurs racines de pierres, Ont creusé dans le sol des vallons solitaires,
Où la neige apportant le tribut de ses eaux D’un lac limpide et bleu vît se former les Ilots;
Sur des blocs de granit sa surface agitée Promène incessamment une vague irritée;
De placiers éternels ses lianes sont couronnés,
Et d immenses forêts ses bords environnés Semblent, dressant au ciel leurs orgueilleuses têtes, Arrêter dans son \ol le souffle «les tempêtes.
CHANT SECOND
La nature encor vieree en sa mâle beauté Étale plus (le luxe et plus de majesté;
Ces rochers et ces monts, ces forêts, ces abîmes, Parfois jettent entr’eux comme des voix sublimes; Des parfums ignorés poétisent les airs;
Aucun bruit ne frémit dans ces vastes déserts,
Si ce n’est quand du lac les lames colossales Se déroulent au loin au souffle des rafales;
Ou lorsque l'ouragan volcanisant les deux Fouette au feu des éclairs ces monts audacieux. Vers ces sauvages bords s’élève un monastère ,
Des tombes de nos rois sombre dépositaire ;
Ses murs noircis des ans se mirent dans les eaux, Et ses pieds de granit sont baignés par les flots: Superbe monument sculpté par la victoire;
Feuillet encor debout de notre grande histoire; Page éloquente et vraie aux merveilleux récits;
Huit siècles de splendeur sur tes flancs sont écrits: Ici, c’est l'Orient tremblant sous nos cohortes,
Là, c’est Rhodes, nos preux ont délivré ses portes, C’est l’Espagnol vaincu, c’est le Suisse indompté Contraint d humilier sa fougueuse lierlé.
Oh! tombes de nos rois, archives glorieuses
Où wennent s'inspirer les âmes généreuses;