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Hautes et basses classes in Italie

Hautes et Basses Classes en Italie est à la fois le plus singulier et le moins connu des ouvrages de Walter Savage Lan dor, le Prince des Prosateurs anglais. Ses biographes , John Forster et 'M. Sidney Colvin , nen font qu'une brève mention, et C. G. Crump ri a pas cru devoir l'insérer dans son édition en dix volumes des Œuvres de W. S. Landor (Dent et C* éditeurs). Cela tient sans doute à ce que Hautes et Basses Classes en Italie ne fut Jamais publié en volume, ni séparément, ni dans la collection éditée en 1846 par J. Forster. L'ouvrage parut dans les numéros mensuels d'une des nombreuses et éphémères revues que dirigea Leigh Hunt, le Monthly Repository. Les numéros de cette publication, devenus très rares, sont l'unique source que nous ayons de ce texte de Landor, et c'est une source bien impure : les erreurs typographiques abondent. Hautes et Basses Classes figura au sommaire du Monthly Repository à partir du numéro d'Août iS)'/ jusqu'au numéro d'Avril i8)8, le dernier de la revue, et dans lequel Leigh Hunt donna les soixante dernières pages de l'œuvre de Landor. Il

avait, du reste, fait des coupures dans ce texte où il trouvait quil y avait un peu trop de « vent du midi » pour les lecteurs de sa revue.

Landor habitait alors 'Bath. Il avait soixante-deux ans (il vécut encore trente ans), et avait passé vingt ans en Italie. Son œuvre capitale. Les Conversations Imaginaires, était pratiquement achevée. Il est vraisemblable que Hautes et Basses Classes fut écrit en partie à Florence avant i8jj, et en partie en .Angleterre après cette date. On se demande pourquoi Landor, qui, dès qu'il avait écrit dix pages courait che^ l'imprimeur, ne fit pas publier en volume un ouvrage qui lui, faisait tant d'honneur. On aurait tort de croire qu'il le jugeait inférieur à l'ensemble de son œuvre, ou d'un humour trop libre : une phrase ds sa correspondance avec Leigh Hunt anéantit cette hypothèse.

Quoi qu'il en soit, on peut regarder Hautes et Basses Classes en Italie comme un chef-d' auvre . Landor y est tout entier comme dans ses Conversations Imaginaires, et il y est plus familier, plus copieusetnent fantaisiste^ et non moins grand artiste. Comme ailleurs, ses chères opinions, qui ne sont que les préjugés de sa race, de sa caste et de son temps : chauvinisme, méconnaissance du catholicisme, anticléricalisme, haine des « tyrans » et mépris du peuple, tiennent ici, avec ses manies d'érudit, trop de place. ïKais on y sent aussi l'esprit nourri des

lettres antiques, et Vexpérience clairvoyante de V homme de soixante ans donnée comme matière- première à l'un des plus beaux génies d'écrivain que l'Angleterre a produits.

Ce fragment de Hautes et Basses Classes en Italie forme un récit complet . Il représente la dixième partie de l'ouvrage entier, fe me suis basé, pour le texte, sur une copie exacte des munéros du Monthly Repository que je dois à l'obligeance de M. Stephen Wheeler, le savant landorien. Je lui en exprime ici ma vive gratitude.

J'ai omis sciemment le dernier document oii il est question de Serena Bruchi •' il n'ajoute rien d'important au récit et n'est que le produit d'un des nombreux mouvements d'humeur de W. S. Landor contre l'Italie et les Italiens. On ne saurait le prendre à la lettre ^ venant d'un homtne qui, après avoir volontairement porté les armes contre la France en 1809 , parlait sérieusement de se faire naturaliser Français. La meilleure preuve que Landor aimait l'Italie, c'est qu'il y choisit son tombeau et y établit sa famille : on sait en effet que son petit-fils, M. xÂ. Henry Savage Landor, le célèbre explorateur ^ est né à Florence, a fait ses études au Liceo Dante, et réside à Empoli.

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