EN ITALIE
(Fragment)
M. TALBOYS A SON PÈRE.
(de Florence, le 1830),
Monsieur,
Le célibat ne saurait être l'état d'un homme raisonnable, et il est rarement celui d'un homme heureux. La beauté attire tout le monde, mais les travaux utiles et les pensées sérieuses nous cachent souvent l'objet lui-même. Cependant lorsque la plus délicate beauté s'unit à une modestie incomparablement plus rare, peut-on, doit-on la mépriser ou lui résister?-
Oh ! mon père bien-aimé, oserai-je vous découvrir mon âme ? C'est en vain qu'à mon départ vous m'avez recommandé de ne pas permettre que mon cœur formât des liens à l'étranger. Certes, ce n'est pas de la désobéissance de ma part si ce cœur est pris de force, et rempli. La jeune fille est sans fortune, mais sa famille est honorable, et j'espère me jeter avec elle dans vos bras, et implorer pour elle une part de cet amour dont vous fûtes toujours si prodigue à l'égard de
Votre fils affectionné,
Edward Talboys.