‹ Haydn (volume 2)Chapitre 20 sur 24 · I. Pour le texte musical de Jannequin, nous renvoyons ù la · texte numérisé non relu

I. Pour le texte musical de Jannequin, nous renvoyons ù la

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Si Haydn a évité d'aborder, dans sa musique instrumentale, les problèmes de l'expression psychologique qu'avec le soutien des textes il avait été impuissant à résoudre dans sa musique dramatique, il n'en demeure pas moins l'un des plus grands inaîtres que l'histoire connaisse dans la musique pure et dans le paysage musical. Jusqu'à quel point sait-il s'emparer de notre âme et nous imposer, avec l'impression certaine de la beauté, ce sentiment d'obéissance émue à la volonté de l'artiste, que peut faire naître en notre cœur et en notre intelligence la puissance altière ou persuasive du génie ? Haydn, en un mot, a-t-il été « un poète »? M. Teodor de Wyzewa lui a refusé ce titre, dans une page de fine analyse , dont Giotlo et les peintres de Sienne étaient le point de départ :

7® livrai son des Maîtres musiciens de la Renaissance française, de M. Henry Expert, ou aun<> 170 de son Anthologie chorale.

«... Je sais qu'il est fort difficile de définir exactement en quoi consiste la « poésie » dans les arts plastiques. Mais c'est chose incontestable qu'elle peut y exister et qu'il y a eu des « poètes » et des « prosateurs » dans la peinture comme dans la musique, et comme dans les genres littéraires où l'on écrit en prose. Rembrandt et Ruysdaël, par exemple, sont certainement des poètes, et les seuls poètes de la peinture hollandaise , bien qu'ils aient traité les mêmes sujets que les Franz Hais ou les Hobbema.

« Mozart et Joseph Haydn ont employé la même langue musicale, dans des formes pareilles : et personne, je crois, ne pourra nier que la différence entre eux tienne surtout à ce que Mozart est, au contraire de Haydn, un « poète ». Pareillement, en peinture, on semble, dès maintenant, s'accorder à reconnaître que les vieux Siennois ont été des « poètes » ; ils l'ont été à des degrés divers... mais tous ont en commun un certain charme que nous ressentons sans parvenir à l'expliquer, et que nous sommes invinciblement tentés d'appeler « poétique ». Ou plutôt, ce charme, s'il est difficile à expliquer, n'est pas inexplicable. Un « poète », dans tous les arts, est un homme qui, au contact de la réalité, éprouve naturellement des sensations ou des émotions plus « belles » que l'ordinaire

des hommes, et dont Tâme possède ainsi, d'instinct, le don d'embellir pour nous la réalité » *. Haydn , c'est chose vraie , n'a pas ce don divin. Sa gloire pourrait se suffire d'avoir été, dans un art où il y a plusieurs demeures, un admirable prosateur. Mais encore sa prose n'est-elle point toujours si grave, si sensée, si calme et si raisonnable, qu'on n'y rencontre souvent un éclair de fantaisie ou de naïve illusion. C'est à Henri Heine que nous demanderons de définir la poésie de Haydn, en détournant de son sens une phrase que l'auteur des Reisebilder écrivait à propos de Monsigny ; dans la musique des Saisons, des quatuors, des symphonies, nous trouvons bien « 1^ grâce la plus sereine, une douceur ingénue, une fraîcheur semblable au parfum des bois, un naturel vrai... et même de la poésie. Oui, cette dernière n'est pas absente ; mais c'est une poésie sans le frisson de rinfini, sans charme mystérieux, sans amertume, sans ironie, sans « morbidesse », je dirais presque une poésie jouissant d'une bonne santé. »

I. T. DE Wyzewa, a propos d'une nouvelle biographie de Giotto, dans la Revue des Deux Mondes du i5 septembre 1905.

Haydn. i3

On ne saurait prétendre à dresser un Catalogue suffisant des compositions de Haydn, tant que le travail commencé par les éditeurs de ses Œuvres complètes ne sera pas publié.

La liste ci-après n'a donc d'autre but que de présenter d'une façon très sommaire Tensemble approximatif de la production d'un des maîtres les plus laborieux et les plus féconds qui aient jamais existé.

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