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Le Conservatoire de musique de Paris, dans le mois de février 1810, honora la mémoire de
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Haydn par un concert , où l’on exécuta , en l’honneur du grand artiste , un hymne mis en musique par Cherubini. Ce célèbre compositeur rendit au défunt maestro , son ami , le véritable hommage que le génie peut rendre au génie, c’est-à-dire celui d’accroître le nombre des belles productions par le travail même , qui est destiné à les combler de louanges. >
Je ne suis pas très content de la poésie de cet hymne , quoiqu’elle soit louée par quelque journaliste ; mais je sais que la musique est digne de Haydn même. Vous n’aurez , certes , aucune difficulté à le croire , si vous rappelez à votre souvenir l’âme et la science qui régnent dans quelques morceaux de la Lodoiska , dans presque tout le drame des Deux Journées , et dans plusieurs autres productions de ce peintre savant des. affections ; le seul presque après Salieri , Zingarelli et JVeigl, parmi les compositeurs modernes, qui, en temps et lieu, sache élever son style, préparer de loin les effets, et obtenir cette explosion d’applaudissemens , qui est plutôt un mouvement inopiné et physique du sentiment, qu’une opération déterminée de la volonté.
On trouve dans cet hymne un de ces passages dont je viens de parler , quand le poète dit que ce n’est pas la renommée seule qui vit éternellement dans les grands génies., mais que leur âme est également immortelle. En cela , si le poète a cru avoir dit une grande et belle sentence , il est dans l’erreur ; car il n’a dit que ce qui est commun aux grands hommes, comme aux grands criminels; attendu que toutes les âmes sont immortelles, aussi bien que le nom des grands héros et des grands, scélérats. Cependant le compositeur soutint cette idée avec un style si su-
blime, avec une mélodie si belle et si parfaite, que l’auditoire en fut puissamment ému , et couronna ce morceau par des acclamations répétées à l'infini.
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